+MAJ DU DÉBAT A 22:00 LE 27/01/2025
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Marc Dugois
Retraité d'une vie bien remplie d'HEC avocat d'entreprises en difficulté, je constate l'effondrement général d'un monde qui ne tient que par la montée vertigineuse d'emprunts non remboursables et par la croyance enfantine mais généralisée qu'il est normal et facile de laisser davantage à ses enfants que l'on a reçu de ses parents, ce qui dispense de trouver un autre sens à sa vie. Cette croyance se fonde sur une création mythique de richesses chiffrée par le PIB qui n'est que la somme de toutes nos dépenses financée par l'emprunt. On ne peut s'enrichir qu'en en appauvrissant d'autres qui, s'ils le font volontairement, justifient l'enrichissement.
Sur ce constat j'essaie de m'expliquer les racines de notre mal et de voir si, avec d'autres et en comprenant ce qui se passe, il serait encore possible d'affronter la machine suicidaire qui nous détruit et que pourtant nous alimentons.
731 visites24 jan. 2025 | 11 réactions | Marc Dugois
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EXTRAIT DU DÉBAT:
Luniterre 25 janvier 14:52
« Nous sommes rentrés dans un monde aberrant où il est de plus en plus difficile de gagner de l’argent par son travail et de plus en plus facile d’en utiliser par ceux qui ont accès à l’emprunt. Nous sommes passés d’un monde où l’argent limité n’était que l’intermédiaire pour échanger deux productions, à un monde où un argent illimité remplace une des deux productions échangées en faisant croire à la richesse de l’autre pendant que la création de celle remplacée par l’argent, est laissée au futur grâce à la montée permanente d’une dette d’un argent sans valeur qui sera détruit dès remboursement, sans que personne ne sache comment globalement rembourser. »
En fait vous résumez ainsi assez bien ce qui s’appelle le monde banco-centraliste qui a pour l’essentiel d’ores et déjà remplacé le monde capitaliste « classique » pour lequel vous exprimez carrément une sorte de nostalgie passéiste assumée.
Ce que vous semblez avoir du mal à comprendre c’est que pour « échanger deux productions », au sens classique du travail où vous l’entendez, il faut donc, pour chaque échange, qu’il y ait au moins deux producteurs des marchandises et/ou services échangés.
Ce qui est en pratique devenu tout à fait impossible dans un monde où le secteur tertiaire occupe 80% de l’activité économique et sociale et le productif seulement 20%, et encore, selon les chiffres officiels.
Même s’il développe une activité économique en apparence « équilibrée » entre ses acteurs, le secteur tertiaire n’en a pas moins besoin, pour simplement survivre, de productions industrielles, agricoles et du bâtiment.
L’essentiel de ce qu’il « consomme » pour ses besoins ne provient donc pas, en valeur d’usage totale, du « travail » des 20% encore actifs dans le secteur productif, mais en partie majoritaire, de la production automatisée et robotisée de l’industrie moderne.
« L’échange » ne se fait donc plus, en partie désormais majoritaire, « entre producteurs » mais entre « consommateurs », d’un côté, et lignes de production robotisées de l’autre.
L’amortissement des investissements en capital fixe que représente cette infrastructure industrielle moderne ne peut donc pas venir, pour l’essentiel, de la valeur ajoutée par le travail mais bien de la création monétaire « ex nihilo » qui se retrouve, in fine, dans la dette globale, et en grande partie, même si indirectement, par le truchement de la spéculation financière, dans la dette publique.
Il faut donc arrêter de « moraliser » sur les nouveaux rapports de production, qui sont inhérents à l’évolution technologique moderne, et donc irréversibles, sauf effondrement généralisé de la « civilisation industrielle ».
Ces nouveaux rapports de production, qu’ils nous plaisent ou non, ne sont désormais maîtrisables que par ceux qui ont le contrôle du crédit et donc de la création monétaire, c’est-à-dire actuellement, in fine, les Conseils de Gouverneurs des Banques Centrales, soit une poignée d’individus, dans ce monde.
Même la classe capitaliste monopoliste des Gafam est dans la dépendance du bon vouloir de ces messieurs-dames, comme l’a montré l’épisode Zuckerberg-facebook avec sa monnaie « Libra », renvoyée dans ses cordes avec une claque à plus de deux cent milliards…
Même Musk, « l’homme le plus riche du monde » n’est riche que des opérations spéculatives « couvertes » par la Fed pendant des années avant qu’il ne puisse atteindre un seuil de « rentabilité » qui reste donc illusoire et soumis à d’éventuelles « variations » de la politique monétaire de la Fed.
D’où l’insistance de Trump dans ses manœuvres pour reprendre pied dans le contrôle de cette « institution », en réalité le cœur véritable de « l’Etat profond ».
Est-il possible, dans le monde actuel, de reprendre démocratiquement le contrôle du crédit et de la création monétaire, c’est donc la seule question qui vaille réellement, en termes d’alternative au banco-centralisme.
La réponse est incertaine mais passe d’abord, de toute façon, par une prise de conscience de la réalité actuelle des rapports de production, et non par une nostalgie stérile d’un monde désormais irréversiblement révolu.
Luniterre
Sous les Macron-Trogneux la France à l’avant-garde du banco-centralisme
Existe-t-il de "l’argent magique", et si oui, au profit de qui ???
Pour une étude plus synthétique de l’ensemble du processus de la mutation banco-centraliste depuis la formation du capital industriel, voir :
Le Roi « Capital » est mort, vive la Reine « Dette » !
http://cieldefrance.eklablog.com/le-roi-capital-est-mort-vive-la-reine-dette-a215991921
Un article un peu plus ancien, mais où Richard Werner, lui-même à l’origine du concept de « Quantitative Easing », décrit on ne peut mieux, à partir de son expérience personnelle d’économiste au Japon, l’évolution économique banco-centraliste de ce premier quart du XXIe siècle.
Richard Werner, "père spirituel« du Quantitative Easing et »apprenti sorcier" du banco-centralisme
Pour l’ébauche d’une solution… Pour un retour à quelques fondamentaux du Gaullisme, réadaptés en pratique à l’évolution économique du XXIe siècle :
Les leçons de l’Histoire…
Il était une fois… le Conseil National du Crédit (1945). Et aujourd’hui ?
RÉCENT, VOIR AUSSI :
3 303 MILLIARDS (INSEE) Toujours plus haut, la dette, toujours plus bas, la France sous Macron
(* sur AgoraVox :
Existe-t-il de « l’argent magique », et si oui, au profit de qui ?
https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/existe-t-il-de-l-argent-magique-et-258618
Marc Dugois 26 janvier 09:59
@Luniterre
« Vous exprimez carrément une sorte de nostalgie passéiste assumée ».3
En quoi la nostalgie d’une cohérence serait-elle passéiste ? Vous considérez l’incohérence actuelle de 80% de services pour 20 % de productions comme une donnée incontournable. J’ai tenté de montrer que cela n’est provisoirement possible que par la montée sans fin d’une dette d’un argent sans valeur qui fait monter l’or et baisser toutes les monnaies, ce que les peuples sont obligés de commencer à réaliser en voyant leur niveau de vie baisser en occident. Les seuls services rémunérables devraient être les services à la production, ce qui a toujours été le cas pendant des millénaires. Les services à la consommation ne peuvent être que du domaine du bénévolat.
Il est indispensable de nous remettre tous au service de la production si nous voulons continuer à consommer. Ce n’est pas une notion politicienne et il est pour moi inutile d’en chercher des coupables. Les coupables sont nous tant que nous croyons que l’on peut consommer sans produire.
Luniterre 26 janvier 14:19
@Marc Dugois
« J’ai tenté de montrer que cela n’est provisoirement possible que par la montée sans fin d’une dette d’un argent sans valeur qui fait monter l’or et baisser toutes les monnaies,… »
Je n’ai pas répondu su ce point du rôle de l’or dans votre approche de l’économie, mais vous semblez donc penser qu’un retour à « l’étalon or » serait au moins une partie la solution de nos problèmes…
Sur ce point, qui peut difficilement se résumer dans un post, vous trouverez deux liens, dont l’un récent, à la suite.
Concernant l’émergence socialement dominante du secteur tertiaire, je ne peux effectivement que constater, et non pas « considérer », que c’est un phénomène lié au développement des forces productives modernes, robotisées, et qui n’ont donc plus besoin d’une main d’œuvre ouvrière « spécialisée », au sens de la classe des « OS » des années 50 à 70, et qui ont fait les « beaux jours » des « Trente Glorieuses ».
A souligner, notamment, que le même phénomène de tertiarisation est en train de s’opérer en Chine, et dans la plupart des économies « émergentes » dès qu’elles atteignent un niveau de développement technologique qui les mets bientôt au niveau de l’Occident.
« Les services à la consommation ne peuvent être que du domaine du bénévolat.
Il est indispensable de nous remettre tous au service de la production si nous voulons continuer à consommer. »
Selon vous il faudrait donc que la majorité des travailleurs retournent occuper des emplois devenus inutiles dans l’industrie moderne et abandonnent la plupart des activités de services, sauf bénévolat !
Une sorte de nouvelle « Révolution Culturelle », ou plutôt de « contre-révolution », puisqu’il s’agit donc d’un « retour en arrière », et on serait même tenté de dire, carrément un « Grand Bond en Arrière » !
Pour mémoire le « Grand Bond en Avant » maoïste a fait officiellement 16,5 millions de morts, et possiblement deux à trois fois plus, en réalité. Soit potentiellement l’équivalent de plusieurs petits pays rayés de la carte, surtout à l’époque….
Bref, personnellement, je n’ai pas de solution miracle à proposer.
Je pense néanmoins que la France a un atout exceptionnel avec son potentiel agricole qui pourrait lui permettre une autonomie alimentaire complète, et donc une base vitale pour son indépendance. Entièrement à restaurer, par contre, et au plus vite !
Pour le reste une prise de conscience collective du problème pourrait donc aboutir, logiquement par le moyen du référendum, à établir un organisme de contrôle démocratique du crédit, qui pourra donc contrôler la dette, et remplacer, une fois en fonctionnement, pas mal d’administrations et d’institutions politiques et bureaucratiques actuellement parasitaires de la vie du pays.
Luniterre
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Pour l’indépendance nationale, faut-il en revenir à l’étalon or ?
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L’or, c’est de l’argent qui dort… Mais pas toujours paisiblement !
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Marc Dugois 26 janvier 20:45
@Luniterre
L’or a une valeur stable car c’esr une richesse pour l’humanité entière. Quand l’or monte, c’est que les monnaies baissent et toute monnaie sérieuse a toujours été définie jusqu’en 1971 par rapport à un poids d’or.
Il faut et il faudra que tout le monde se mette ou soit mis à la production ou au service de la production. Les machines coûtent très cher et ne sont rentables que si il y a beaucoup de consommateurs. Or c’est avec des aides et des subventions avec la fausse monnaie légale des banques queles machines sont achetées et que les produits des machines sont achetés. C’est une spirale négative dont il faut prendre conscience pour en sortir.
Luniterre 27 janvier 04:18
@Marc Dugois
« Il faut et il faudra que tout le monde se mette ou soit mis à la production ou au service de la production. »
Là au moins, ça a le mérite d’être clair. Autrement dit : « Tout le monde, ou presque, à l’usine et aux champs ! »
Et donc pas juste pour regarder « travailler » les robots et les chaînes automatisées, vu que vous précisez :
« Les machines coûtent très cher et ne sont rentables que si il y a beaucoup de consommateurs. Or c’est avec des aides et des subventions avec la fausse monnaie légale des banques que les machines sont achetées et que les produits des machines sont achetés. C’est une spirale négative dont il faut prendre conscience pour en sortir. »
La logique du « retour à l’usine » que vous proposez implique donc également un retour à des techniques de production quasi-« manuelles » renonçant à la robotisation, histoire de « faire des économies » et pourquoi pas, effectivement, d’éponger la dette !
Il y a donc plusieurs points fondamentaux sur lesquels nos analyses convergent, quant aux symptômes et aux causes, mais divergent nettement quant aux possibilités de solutions :
_ Le fait que le système banco-centraliste repose une « création monétaire » qui n’est jamais qu’un forme de « fausse monnaie légale », ne s’appuyant sur aucune autre « réalité » que le pouvoir discrétionnaire exorbitant des Banques Centrales juridiquement tout à fait « indépendantes » vis-à-vis d’Etats supposés formellement « souverains ».
_ Le fait que l’amoncellement de la dette, publique et privée, soit en correspondance avec l’incapacité globale du système à financer le cycle de renouvellement du capital fixe (appareil productif) et l’amène à refinancer à la fois et la production et la consommation pour entretenir l’illusion d’une « prospérité économique » elle-même aussi factice que la (fausse-) « monnaie » qui l’a générée.
_ Dès avril 2020, au cœur du premier confinement, je tentais de dénoncer le fait que le banco-centralisme repose sur une sorte de « fausse monnaie légale » :
Démasqués : le nouveau pouvoir des faux-monnayeurs
https://tribunemlreypa.wordpress.com/2020/04/22/demasques-le-nouveau-pouvoir-des-faux-monnayeurs/
Cette période du premier confinement de 2020, et surtout avec le « choc économique » du « Quoi qu’il en coûte ! », fut donc pour moi le point de départ d’une réflexion nouvelle sur l’évolution économique du monde au XXIème siècle.
Néanmoins je ne pense pas que la solution puisse être une sorte de nouveau « Moyen-Âge Industriel » tel que vous semblez le proposer si l’on suit jusqu’au bout votre logique.
Je pense plutôt qu’il y a moyen de mettre au service de tous les forces productives nouvelles, même si cela exige une prise de conscience et de responsabilité collective dont on est encore très loin.
Mais déjà poser le principe d’un contrôle démocratique du crédit, notamment en tenant compte de l’expérience historique du CNC, me paraît être la première pierre de la construction d’une alternative au banco-centralisme.
Luniterre
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