
18 Juin 2021:
En bref, pour une mise au point à la suite de notre republication de l'interview du Général Delawarde sur le Dialogue Franco-Russe du 6 Janvier 2025 (https://youtu.be/rOS3RtuKWwU).
Il est clair que l'analyse géostratégique du Général Delawarde est tout à fait cohérente avec la réalité de la situation actuelle, quoi que l'on pense des facteurs profonds qui l'ont déterminée.
Elle fait, de plus, une suite logique avec son analyse, sur ce même média du Dialogue Franco-Russe d'Août dernier (https://youtu.be/CzejajWveOc), que nous republions donc également ci-dessous.
Dans cet interview il développe ce constat essentiel que la lutte actuelle en Ukraine n'est qu'une petite partie d'une lutte mondiale entre deux conceptions du monde, l'une globaliste, déniant concrètement et pratiquement le droit des nations et des peuples à disposer d'eux-mêmes, au profit d'une "intégration" mondialiste actuellement dominée par les USA, et l'autre "multipolaire", davantage influencée par les BRICS, dont évidemment la Russie et la Chine, et qui laisse encore une possibilité aux peuples et aux nations indépendantes de choisir leur voie et leur destin.
Il nous paraît donc important de republier également le script de ce passage essentiel:
« Les opérations militaires en Ukraine ne sont qu'une toute petite partie d'un bras de fer mondial, et c'est ça qu'il faut bien comprendre. C'est pas spécifiquement sur le terrain militaire en Ukraine que se gagnera la guerre c'est le bras fer mondial entre deux conceptions du monde : la conception des États-Unis et de l'OTAN qui est qui est l'hégémonie pour le côté occidental et puis la conception de la multipolarité dirigée par la Russie, la Chine, l'Inde, les BRICS, quoi, on va dire, ou l'Organisation de coopération de Shanghai.
Donc l'opération de Koursk est une opération militaire qui s'inscrit dans le le petit front de l'Ukraine, qui n'est pas un front majeur dans le bras de fer qui oppose l’hégémon US et la multipolarité. Donc ça il faut il faut bien l'avoir compris : le bras de fer n’est pas seulement militaire, il est économique aussi, et de mon point de vue c'est d'ailleurs l'économie qui aura le dernier mot dans ce bras de fer gigantesque, qui est une véritable guerre mondiale sous plusieurs volets. C'est le volet économique qui aura la décision à la fin. Donc en Ukraine les affaires vont plutôt bien pour le camp de la Russie, qui avance sans discontinuer sur le front du Donbass et les Occidentaux et les otano-kiéviens, on va dire, ont tenté un coup qui consistait à à faire une diversion pour attirer des forces de la région du Donbass vers la région de Koursk, en attaquant une zone qui n'était pratiquement pas défendue, donc ils ont eu forcément des succès, un succès militaire immédiat et puis un succès médiatique surtout : ils ont fait fait beaucoup parler d'eux en conquérant une part, petite, hein, quelques centaines de kilomètres carrés de terre russes. Mais ça n'est pas vraiment une conquête dans la mesure où ces gens-là, les soldats qui se sont aventurés dans la région de Koursk, étaient en fait des gens qui opèrent par coups de main, qui opèrent pas de manière comme une armée constitué à la manœuvre et qui ne garde pas tellement le terrain conquis, qui ne l'occupent pas vraiment et qui ne l'organisent pas vraiment. Donc cette affaire a raté dans la mesure où les objectifs n'ont pas été atteints.
Quels pouvaient être ces objectifs ? Bien sûr c'était d'attirer les forces russes, une partie des forces russes qui étaient dans le Donbass et de les ramener vers la région de Koursk. Bon, cet objectif n'a pas été atteint puisque les Russes n'ont pas engagé dans la région de Koursk des troupes qui étaient déjà engagées dans le Donbass. Ils ont engagé des réserves qui étaient la force Akhmat en particulier, et puis de le FSB aussi, des unité du FSB mais qui n'était pas engagées ailleurs.
Donc la Russie a pu continuer tranquillement son opération en direction de Pokrovsk dans le Donbass. Donc ça n'a pas changé et le rythme, au contraire, de cette opération a été accéléré. Il a été accéléré parce que ce sont les ukrainiens qui ont dispersé leurs forces en prélevant des forces de la région du Donbass pour les envoyer à Koursk. Donc ils ont affaibli leur position dans le Donbass et donc précipité les avancées russes qui aujourd'hui sont quotidiennes.
Dans le Donbass ça progresse quotidiennement en faveur des Russes.
Bon la deuxième possibilité, deuxième objectif que pouvait s'être fixé les ukrainiens c'était de d'atteindre la centrale nucléaire proche de Koursk pour en faire une monnaie d'échange ou un chantage nucléaire, que sais-je, pour essayer d'arrêter les opérations. Bon ça encore ça a échoué parce qu’aujourd'hui dans la région de Koursk les forces ukrainiennes n'ont pas réussi à atteindre ces objectifs là et ont été stoppées par les forces russes, c'est un fait. Un fait, une observation de terrain. Donc elles n'ont aucun espoir de conquérir la centrale en question et donc aujourd'hui la seule chose qu'ils font c'est d'aller un peu dans toutes les directions, ce qui est une erreur dans la mesure où les forces sont dispersées en tout petits groupes, ils sèment la panique avec, mais ces forces là ne sont pas suffisamment solides pour tenir le terrain donc au total qu'est-ce qu'on constate : on constate dans la région de Koursk une offensive s'essouffle et qui va se terminer comme une chandelle que l'on éteint. Donc ça va se terminer sans aucun problème dans les semaines qui viennent et puis sur le front du Donbass en revanche des avancées russes toujours plus importantes avec comme objectif pour l'instant manifeste la région de Pokrovsk qui est le cœur de la logistique ukrainienne et donc là s'ils atteignent ce cœur de la logistique ukrainienne sur tout le front du Donbass il y aura un moment ou un autre un effondrement sur ce front, un effondrement significatif qui précipitera la victoire de la Russie. De toute manière, cette victoire, elle est inéluctable, elle est mathématique, elle est à portée, malgré l'aide de l'OTAN »
Il y a quelques jours l'Ukraine a tenté une nouvelle "offensive" à partir de ce qui restait de sa "poche" de l'autre côté de la frontière russe: nouvelle "offensive" qui a échoué en à peine plus de 24 heures, avec des pertes considérables dans les réserves de forces engagées, quasiment en désespoir de cause, à quelques jours de l'investiture de Trump à la Maison Blanche, et d'une probable tentative de "négociations" de la part du camp occidental dont le gouvernement Zelenski se retrouvera inévitablement le dindon de la farce...
Ce n'est peut-être pas tout à fait le dernier soubresaut de la bête ukronazie mais cela y ressemble fortement...
A propos de la bête ukronazie, elle n'est donc malgré tout qu'un pion, même si géostratégiquement essentiel, parmi tout ceux engagés par le camp occidental dans sa lutte pour l'hégémonie mondiale.
Avec les évènements au Moyen-Orient, que ce soit en Palestine, au Liban, en Syrie ou dans les autres pays de la région, on voit bien également le rôle essentiel que joue le pion israélien dans l'échiquier mondial au service de l'hégémonie occidentale.
C'est là que se situe, par contre, une nuance d'analyse entre celle du Général Delawarde et la nôtre. On se rappelle, vidéo ci-dessus (https://youtu.be/mzJPaIzWQ-k) , que le Général fut accusé d'antisémitisme à propos de son interview brutalement interrompue par Jean-Marc Morandini sur CNews, en 2021. Or la réalité est donc simplement que le Général Delawarde, dans son analyse géostratégique complète, telle que développée en deux parties sur Réseau International en 2023, inverse par rapport à la nôtre l'ordre hiérarchique de sujétion entre Israël et les USA:
https://reseauinternational.net/le-camp-du-bien/
https://reseauinternational.net/le-camp-du-bien-2/
Le Général Delawarde fait du lobby sioniste, incontestablement très puissant et très influent aux USA (AIPAC) comme en France, le véritable "cerveau", en quelque sorte, de la mondialisation actuelle.
Or la réalité est évidemment que si les USA sont tout à fait capables de rester une puissance mondiale de premier plan même sans leur pion israélien, la réciproque n'est pas vraie, et le pion israélien serait bel et bien rayé du Moyen-Orient sans la perfusion permanente de l'armement US en direction de Tsahal. Le lobbyisme sioniste assumé de l'AIPAC aux USA est donc un facteur essentiel de survie de l'entité sioniste occupant actuellement la Palestine. Mais Israël, comme le montre précisément l'évolution de la situation en Syrie, n'est qu'un proxy parmi d'autres, même si le principal, de la puissance US au Moyen-Orient.
En France, depuis la mort du Général De Gaulle, qui avait su y mettre un frein relatif, le mouvement sioniste, même s'il n'a pas une forme organisationnelle aussi assumée que l'AIPAC aux USA, a su reprendre un ascendant essentiel sur la classe politique française, à quelques exceptions près, comme le montre le peu d'empressement de cette classe à dénoncer le génocide en cours en Palestine.
Mais dans le même ordre de sujétion, la classe politique française est d'abord et avant tout inféodée à l'hégémonie mondialiste et impérialiste US.
Le point fort de l'analyse du Général Delawarde, aujourd'hui, au delà de cette "nuance hiérarchique" dans la sujétion, reste qu'il montre que la lutte de l'Occident pour l'hégémonie mondiale reste d'abord et avant tout une lutte économique.
La puissance militaire n'existe que par la capacité économique à produire de l'armement en "qualité", question caractéristiques techniques, et en quantité suffisante pour alimenter les conflits de plus en plus haute intensité qui se développent désormais à l'échelle planétaire, du fait même de cette volonté hégémonique occidentale et principalement US.
Même si, comme le montre le tragique épisode syrien, l'issue de la lutte reste indécise à l'échelle géostratégique mondiale, le conflit en Ukraine montre néanmoins paradoxalement que toute la puissance occidentale coalisée peut être vaincue par une nation suffisamment unie et un peuple déterminé à défendre son intégrité, clairement menacée, en fait, par les manoeuvres otaniennes depuis la chute de l'URSS.
Il y a donc une continuité manifeste de la tentative hégémonique US qui se développe depuis plus d'un siècle déjà. Mais ce qu'il est important de comprendre, pour analyser l'évolution de la situation mondiale, c'est donc également l'évolution de l'économie mondiale.
Et en matière d'armement comme pour le reste, elle dépend de l'évolution technologique des forces productives.
C'est à notre avis ce qui manque à l'analyse du Général Delawarde, qui voit simplement dans le rôle du lobby sioniste une domination assez classique des forces de "l'argent", en quelque sorte indépendamment de ses caractéristiques en termes de rapports de production:
« On apprend ainsi que sur 2666 milliardaires répertoriés en 2022 par Forbes sur l’ensemble de la planète, 267 appartiendraient à cette communauté transnationale particulière dont Forbes fait un décompte précis (mais non exhaustif à ma connaissance), soit 10% des milliardaires alors qu’elle ne regroupe que 0,2% des habitants de notre terre. Ce qui fait la force de ces dix pour cent, c’est qu’ils se connaissent, se rencontrent et sont plus organisés que les autres, tant au niveau national, qu’international. »
Or même s'il y a donc là le simple constat d'une surreprésentation déjà ancienne dans le monde de "l'argent", survivance sociale héritée d'une structuration sociale historique moyenâgeuse, elle n'est pas, à elle seule, déterminante dans l'évolution des rapports de production en fonction de l'évolution technologique.
L'émergence de la puissance mondiale US, au début du XXème siècle, est avant tout liée au développement des forces productives industrielles sous la forme particulière du capitalisme monopoliste d'Etat et à son expansion impérialiste, dans laquelle les USA ont su s'imposer comme la première force et capable de prendre l'ascendant sur les impérialismes plus anciens, britanniques, français et allemand, notamment.
Or la caractéristique économique essentielle du XXIème siècle, notamment depuis la crise de 2007-2008, et encore soulignée par celle dite "du covid" en 2020-2021, c'est l'émergence de la dette globale, dont la dette publique au premier plan, comme facteur déterminant de l'évolution de la situation économique mondiale.
Dans l'analyse du Général Delawarde ce facteur n'est évoqué que de manière secondaire et incidente, vers la fin de la deuxième partie de son analyse, alors qu'il est désormais le facteur essentiel conditionnant précisément le monde de "l'argent", et cela de manière relativement indépendante de l'influence communautaire sioniste, que ce soit aux USA ou ailleurs. Le monde de "l'argent" ne survivant aujourd'hui que par sa dépendance au monde de la dette globale, publique et privée, le facteur déterminant de la mondialisation actuelle est la capacité à dominer par l'endettement des pays assujettis, dont la France, bien plus que par l'investissement en capital productif, autrefois caractéristique de l'expansion impérialiste.
L'assujettissement mondial par la dette est essentiellement contrôlé par les cinq plus importantes banques centrales: Fed (USA), BCE (UE), PBoC (Chine), BoE (GB), BoJ (Japon).
Le constat est donc simplement ici que le banco-centralisme n'est pas spécifiquement un phénomène communautaire sioniste.
L'interdépendance des économies US et chinoises et l'expansion de l'endettement des pays émergents à l'égard de la Chine marque donc également une limite à l'indépendance de ces pays et une "nuance" de plus entre l'analyse du Général Delawarde et la nôtre à propos du rôle éventuellement émancipateur des BRICS.
Même si, bien évidemment, dans le cadre de la rivalité sino-US on peut comprendre la nécessité d'une alliance tactique avec la Chine, qui, en outre, en termes de développement économique, semble avoir non seulement atteint mais même déjà dépassé son point d'apogée, comme ce fut le cas de l'Europe à l'issue de ses "Trente Glorieuses". Avec donc, encore en outre, une dépendance persistante à l'égard de son commerce extérieur.
Luniterre
Deux temps de la situation en Ukraine:
Août 2024 - Janvier 2025:
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Pour une étude plus synthétique de l’ensemble du processus de la mutation banco-centraliste depuis la formation du capital industriel, voir :
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http://cieldefrance.eklablog.com/le-roi-capital-est-mort-vive-la-reine-dette-a215991921
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Un article où Richard Werner, lui-même à l’origine du concept de "Quantitative Easing", décrit on ne peut mieux, à partir de son expérience personnelle d'économiste au Japon, l’évolution économique banco-centraliste de ce premier quart du XXIe siècle, jusqu’à la naissance actuelle des Monnaies Numériques de Banque Centrale et au danger fatidique pour les libertés, économiques, et les libertés tout court, qu’elles représentent :
Richard Werner, "père spirituel"
et "apprenti sorcier" du banco-centralisme
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Récent:
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Mic-mac, Minc et Marx...(...Et Macron dans tout ça ?)
http://cieldefrance.eklablog.com/mic-mac-minc-et-marx-et-macron-dans-tout-ca-a216463655
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"Droit européen": la laisse de l'endettement banco-centralisé - Maintenant en Allemagne aussi...
[NDLR >>> SUITE A LA MUTATION EKLABLOG >>>OVERBLOG L'ANCIEN LIEN CI-DESSOUS NE FONCTIONNE PLUS MAIS RESTE REFERENCE SUR INTERNET ET RESTE DONC ICI COMME REPERE:
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Pour un retour à quelques fondamentaux
du Gaullisme
réadaptés en pratique à l'évolution économique
du XXIème siècle:
Reprendre le contrôle, à l’échelle nationale, de la vie économique et sociale, y compris dans sa dimension financière, reste la priorité essentielle. Contrôler le crédit, c'est contrôler la création monétaire réelle dans le pays, directement sur le terrain du développement économique, et donc tout à fait indépendamment de son signe, Euro ou autre. Contrôler le crédit permet d'orienter les grandes tendances de l'activité économique vers les activités et secteurs prioritaires pour les besoins de la population et pour l'indépendance de la nation.
C’est pourquoi nous avons proposé, sur Ciel de France, de remettre au centre du débat la reconstruction d’un Conseil National du Crédit, dans une version statutairement adaptée aux nécessités de notre indépendance nationale au XXIe siècle, c’est à dire doté de pouvoirs constitutionnels et d’une représentativité démocratique réelle :
Les leçons de l’Histoire…
Il était une fois… le Conseil National du Crédit (1945). Et aujourd’hui ?
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Pour aller plus loin sur le banco-centralisme:

Varoufakis et les Don Quichotte de l'"anticapitalisme" contre les moulins à vent du siècle dernier
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Economie mondiale: de quel nouveau pouvoir l'inflation est-elle le nom?
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Pour faire face au mondialisme banco-centraliste le "complotisme" n'est pas une option!
[NDLR >>> SUITE A LA MUTATION EKLABLOG >>>OVERBLOG L'ANCIEN LIEN CI-DESSOUS NE FONCTIONNE PLUS MAIS RESTE REFERENCE SUR INTERNET ET RESTE DONC ICI COMME REPERE:
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Nouveau,
Avec à la suite une liste de liens sur l’économie, la monnaie et le banco-centralisme :
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[NDLR >>> SUITE A LA MUTATION EKLABLOG >>>OVERBLOG L'ANCIEN LIEN CI-DESSOUS NE FONCTIONNE PLUS MAIS RESTE REFERENCE SUR INTERNET ET RESTE DONC ICI COMME REPERE:
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NOUVEAU:
Sur le même thème
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Macronie 2024-2025: l'étronie sans fin... (...ou pas!)
https://cieldefrance.eklablog.com/2025/01/macronie-2024-2025-l-etronie-sans-fin.ou-pas.html
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Source de l'article et de la compilation:
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