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"La mémoire qui flanche", comme un nouvel air de "Guerre d'Algérie": pour en débattre sans remettre le feu aux poudres


 

 


 



 

« Chaque année, en France, on commémore ce qui s’est passé à Oradour-sur-Glane, c’est-à-dire le massacre de tout un village. Mais on en a fait des centaines, nous, en Algérie. Est-ce qu’on en a conscience ? »

Aphatie sur RTL, le 25 février 2025.

"Petite phrase" qui a mis le feu aux poudres d'un nouveau contentieux franco-algérien en train de se développer depuis quelques temps, essentiellement sur les questions d'immigration, ainsi qu'autour de la "personnalité" d'un certain Boualem Sansal, écrivain "binational".

Aphatie et Sansal sont deux exemplaires de personnages systémiques, "emblématiques", l'un de la gauche systémique, l'autre de la droite également systémique.

Autrement dit deux figures de la "fracture sociale" voulue par le système au sein de la société française pour y développer et entretenir des tensions suffisamment violentes pour empêcher une réelle unité nationale du peuple de France.

Unité nationale pourtant plus que jamais nécessaire pour faire face à la mondialisation banco-centraliste en cours et donc pour tenter de reconquérir l'indépendance politique, économique, et par conséquent sociale, de la nation.

Sur Ciel de France on n'a donc aucune sympathie particulière pour Aphatie, ni pour Sansal, du reste, mais on en a une simplement pour la réalité des faits, et notamment historiques.

Entre autres faits d'armes, le fait est simplement que la colonisation française, sur plus d'un siècle, des origines à la guerre pour l'indépendance de l'Algérie, a donné lieu à différents épisodes de massacres de civils, notamment par enfumages et gazages, dans des conditions matérielles effectivement similaires à celles de l'épisode d'Oradour-sur-Glane, même si évidemment pas dans des églises ou autres bâtiments à vocation religieuse.

Factuellement, en nombre de faits, de victimes, et en termes de méthodes d'éxecutions, la formulation employée par Aphatie est donc tout à fait exacte et le "procès mémoriel" qui lui est fait à ce propos tout à fait inapproprié. Point barre.

Le reste n'est que règlements de comptes entre factions systémiques de gauche et de droite dans le cadre d'un nouveau contentieux entre les deux pouvoirs de chaque côté de la Méditerranée. C'est à dire un conflit d'intérêts déguisé en affrontement idéologique et culturel.

Il est évident que l'incident, comme le rappel, bien nécessaire, des aspects violents de la colonisation, est instrumentalisé par le pouvoir algérien, mais cela n'enlève donc rien à cette réalité des faits, délibérément occultés, jusque là, par l'essentiel de la classe politique et médiatique française.

Faire simplement face à la réalité des faits, tel est le principe en oeuvre dans l'approche de toute recherche et communication sur Ciel de France et sur les médias qui reprennent ses articles.

Faire simplement face à la réalité des faits reste toujours le premier pas vers une analyse cohérente et utile, permettant éventuellement d'en tirer des conséquences concrètes dans l'action politique, et surtout, dans l'élaboration de propositions novatrices précisément en rapport avec le réel et non avec les intérêts de tel ou tel clan.

Les relations franco-algériennes sont donc à replacer dans le cadre de l'intérêt commun des deux nations à défendre leurs indépendances, y incluant leurs intégrités territoriales et leurs intérêts économiques réciproques.

Le reste ne sert que les ennemis de ces deux nations.

Luniterre

https://cieldefrance.eklablog.com/2025/03/la-memoire-qui-flanche-comme-un-nouvel-air-de-guerre-d-algerie-pour-en-debattre-sans-remettre-le-feu-aux-poudres.html


 

PS: à la suite un échantillonnage de documentation utile sur les différentes approches de cette problématique, un échantillonnage non limitatif mais bien, selon son principe, comme invitation à chacun à faire sa propre recherche sur le sujet.

 

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Jean-Michel Aphatie, Oradour et l'Algérie : « C'est une émotion vieille de trente ans qui est remontée d'un coup »

Autopsie d'une polémique avec son principal intéressé. Jean-Michel Aphatie analyse la séquence déclenchée par ses propos sur la colonisation française en Algérie et explique comment elle éclaire sa conception du rôle d'éditorialiste. 

 

 

« On n'est pas toujours d'accord. » C'est le nom de la séquence de la matinale de RTL au cours de laquelle, le 25 février dernier, Jean-Michel Aphatie a dit : « Chaque année, en France, on commémore ce qui s'est passé à Oradour-sur-Glane, c'est-à-dire le massacre de tout un village. Mais on en a fait des centaines, nous, en Algérie. Est-ce qu'on en a conscience ? », déclenchant un buzz d'anthologie, des réactions passionnées, tellement vives que le journaliste a été « mis en retrait » de l'antenne, puis « suspendu ». Jugeant cette « punition » illégitime, l'éditorialiste a décidé, après quelques jours de réflexion, de ne plus travailler pour la station du Groupe M6. Devenu pour un temps l'un de ces sujets d'actualité qu'il a l'habitude de décortiquer, il a accepté — juge et partie — de revenir à froid sur cet épisode singulier.

Votre départ de RTL vous a-t-il permis d'expérimenter la grasse matinée ?

Jean-Michel Aphatie : Ah non, je me lève toujours tôt, à 5 h 30. Je lis les journaux, j'écoute les radios, je fais ça avec plaisir. Ensuite, à 10 heures, il y a la conférence de rédaction de l'émission « Quotidien » (TMC), où je continue mon édito.

Depuis quand l'histoire de la présence française en Algérie vous tient-elle à cœur ?

Dans les années 1990-2000, j'ai beaucoup lu. Sur les guerres de religions, sur Louis XIV, sur Napoléon, sur De Gaulle… Sur l'Algérie française, ce que j'ai lu m'a submergé émotionnellement. Ces 132 ans d'histoire sont jalonnés d'horreurs absolues. Il y a des récits incroyables de douleurs infligées dans des conditions insupportables.

À quoi pensez-vous ?

Aux journaux de militaires racontant les « enfumages », ce procédé qui consistait à contraindre des populations à se replier dans des grottes que l'on incendiait. Aux récits d'autres militaires qui couraient les maquis pour réquisitionner de jeunes Algériens et les envoyer mourir à Verdun. Aux récits de médecins militaires qui voyaient arriver ces jeunes Algériens et qui étaient frappés par le nombre de cas de rachitisme. Aux récits des massacres de Sétif. Au récit bouleversant de Marcel Reggui : un type qui aimait éperdument la France, qui s'était converti au catholicisme, et dont la sœur et deux frères ont fait partie des centaines de victimes massacrées en mai 1945 par des milices de colons français à Guelma… Non vraiment, je n'aurais pas pu retourner à RTL.

Pourquoi ?

Si j'étais retourné à RTL, j'aurais été infidèle à toutes les émotions que j'ai eues en découvrant la détresse des gens qui ont eu à subir le colonialisme français. J'aurais détesté continuer à toucher de l'argent en travaillant dans un groupe dont certains dirigeants ont considéré que j'avais commis une faute en regardant notre histoire en face.

Vous décrivez un intérêt déjà ancien pour cette histoire. Quand avez-vous décidé d'en parler ?

Quand j'en ai eu l'occasion. Les circonstances ne s'y prêtaient pas quand je faisais des interviews. Au « Grand Journal » (Canal +) non plus. Dans mon discours journalistique, l'Algérie apparaît à l'époque de « C l'Hebdo » (France 5) avec Ali Baddou. Ce n'est pas un hasard.

Pourquoi dites-vous que ce n'est pas un hasard ?

Parce que si j'évoque [le général Thomas] Bugeaud, Ali Baddou sait qui c'est. Surtout, il considère que c'est important de me laisser en parler. Ses grands-parents étaient des nationalistes marocains, il connaît cette histoire. D'autres animateurs considèrent que ça n'intéresse pas les gens. Ils n'ont peut-être pas tort. Vous n'imaginez pas le nombre de fois où, dans mon entourage, on me dit : « Mais tu nous casses les pieds avec tout ça ! »

Vous pratiquez aussi l'édito énervé en privé ?

Bah oui, je ne peux pas débrancher. Je ne peux pas supporter qu'une école maternelle porte le nom du général [Louis Juchault] de Lamoricière, ni que subsiste à Paris une place Maurice Barrès. J'ai du mal à accepter que le pays que j'aime honore la mémoire d'un type élu à l'Assemblée sur un programme antisémite.

Lorsque vous êtes revenu sur cet épisode dans « Quotidien », j'ai eu l'impression qu'il était important pour vous de souligner votre patriotisme.

Cyril Hanouna et Marine Le Pen disent : « Lui, il n'aime pas la France. » Je trouve ça insupportable. On ne me demande pas si j'aime mes enfants, c'est évident. La France, c'est pareil : je l'aime, je n'ai pas besoin de le clamer. Seulement, mon pays a été infidèle à ce qu'il dit être. Quand la conquête de l'Algérie commence, dans les années 1830, on a déjà donné au monde la Déclaration des droits de l'Homme. On a été totalement défaillants par rapport à ce que nous proclamions.

Le matin du 25 février, en entrant dans le studio de RTL, aviez-vous prévu d'évoquer Oradour-sur-Glane ?

Pas un instant. Ce n'était pas prémédité. Oradour-sur-Glane, j'y suis allé il y a une trentaine d'années, on était en vacances dans la région. Quand, plus tard, je me suis documenté sur la conquête d'Alger, une connexion s'est faite dans ma tête. Au fond de moi, je devais sentir qu'il y avait quelque chose de transgressif à le verbaliser. Mais ce matin-là, ça s'est présenté — parce qu'il y a l'actualité tendue entre la France et l'Algérie, parce que [l'animateur de la matinale] Thomas Sotto me pose une question faussement naïve (« Elle est encore légitime, notre culpabilité vis-à-vis de l'Algérie ? »), parce que [la maire LR de Taverny] Florence Portelli, qui débat face à moi, ne sait pas de quoi on parle... Alors j'ai sorti Oradour. C'est une émotion vieille de trente ans qui est remontée d'un coup.

Ce surgissement est-il lié à votre manière de travailler ?

Moi, ce que j'adore, c'est le freestyle : ne pas savoir ce que je vais dire au moment où on me donne la parole. Et puis, quelque chose en moi surgit. Ce que j'aime, c'est ça : trouver un truc dans l'instant. À « Quotidien », je suis obligé de rédiger mon édito, parce qu'après, il faut chercher des images, il faut répéter. Je n'aime pas ça, je m'embrouille parfois. Je me trouve plus créatif quand je n'écris pas.

Pourquoi la polémique a-t-elle pris cette fois-ci ?

À cause du mot « nazi ». De moi-même, je n'aurais jamais employé ce mot. J'évoque Oradour-sur-Glane, Thomas Sotto m'interrompt une première fois : « On s'est comportés comme des nazis en Algérie ? » J'essaye de continuer mon propos. Il revient à la charge : « On s'est comportés comme des nazis en Algérie ? » Je le regarde, je me dis qu'il faut que je casse son raisonnement à la con, alors je lui dis : « Les nazis n'existaient pas, on ne s'est pas comportés comme les nazis ; mais les nazis se sont comportés comme nous l'avons fait en Algérie. » C'est ce bout de phrase qui lance la polémique.

Vous n'êtes pas un novice en matière de polémiques…

Mais c'est la première fois que j'observe des réactions aussi fortes, que ça touche quelque chose de vraiment profond. J'ai reçu des centaines de messages de soutien, bien au-delà des cercles de la politique et du journalisme, ça m'a surpris.

Comment interprétez-vous ces signes ?

D'abord, cet assaut de messages me montre que ce que j'ai longtemps pensé être un radotage personnel ne l'est pas. Ensuite, dans les phénomènes d'opinion qu'on repère, tous les tenants d'un radicalisme de droite semblent aujourd'hui dominants. Je vote blanc depuis que j'ai une carte de presse et si Marine Le Pen est présidente demain, ça m'est totalement égal. C'est ce que j'aime dans la position du journaliste : l'histoire s'écrit, je me contente de raconter comment. Mais il me semble que des polémiques comme celle dont nous parlons révèlent qu'il y a une disponibilité pour entendre un autre discours. Tout se passe comme si la saturation de l'idéologie CNews poussait des gens à dire : « On n'est pas tous convertis. On n'est pas tous avec Vincent Bolloré. »

Reste que les réactions hostiles à vos propos ont été puissantes.

On est dans un pays où Éric Zemmour peut dire, sans que personne ne le contredise, « La colonisation a été une bénédiction pour l'Algérie ». Où Marine Le Pen peut dire, sans que personne ne la contredise : « Venir dire que la colonisation a été un drame pour l'Algérie, ça n'est pas vrai. » On a un problème majeur d'ignorance collective sur l'histoire coloniale. Quelque chose ne passe pas dans les profondeurs de la société. Pourtant, l'université travaille, les chercheurs publient. C'est d'ailleurs un peu injuste pour eux : j'arrive et, d'un coup, j'apparais comme une espèce de spécialiste mondial de l'Algérie française.

Il y a trois ans, vous avez clamé : « Oui, je suis woke ! »

C'était par dérision. Pour faire chier le Figaro magazine. Pour eux, je suis Satan réincarné.

Avez-vous un souci particulier des dominés ? Des minorités ?

Non, un souci d'humanité. Au fond de moi, ce n'est pas aux minorités que je suis attentif. Je suis attentif à ce que chaque individu puisse devenir ce qu'il a envie d'être, dans le respect des autres. Quand j'étais enfant, je devais avoir 10 ans, il y avait dans mon hameau une fille de 18 ans. Elle s'appelait Danielle, et je la regardais passer devant chez nous. Elle était stigmatisée parce que c'était la maîtresse d'un homme marié. Un jour, le curé l'évoque dans son sermon, il dénonce cette femme qui détourne les époux de leur devoir. Moi, j'étais enfant de chœur. Et, sans bien savoir pourquoi, ça m'avait hérissé. J'étais choqué qu'elle soit ainsi livrée à la vindicte. Régulièrement, cette sensation revient.

Quand ?

Par exemple en 2018 quand, sur RMC, j'entends [Jean-Jacques] Bourdin traiter Nicolas Hulot comme une victime et lui demander « Vous souffrez ? », sans un mot pour la jeune femme qui accuse de viol le ministre de la Transition écologique. Ou quand des médias embauchent un raciste condamné par la justice. Quand Dieudonné a tenu des propos antisémites, on l'a foutu dehors, on ne l'a plus invité nulle part — heureusement ! [Éric] Zemmour, c'est l'inverse. Plus il a été condamné, plus on lui a offert de tribunes. À RTL, j'ai toujours refusé de lui serrer la main. Et, je ne l'ai pas crié sur les toits à l'époque, mais c'est sa présence à l'antenne qui m'a poussé à quitter cette radio une première fois en 2015. La presse a été complaisante avec Zemmour, elle n'a pas eu une attitude très morale.

Rappeler les principes moraux, c'est ça votre mission ?

Dites-le, je me prends pour un justicier, pour Zorro…

Il vous manque le costume.

Mais j'ai déjà l'accent. Le justicier ne peut venir que de loin, c'est un être étrange… Un dossier du Figaro magazine m'a un jour portraituré en « Père la Morale ». Je pensais que pour la droite, la morale était une valeur importante, et voici que c'est un défaut. Étonnant, non ? Mais je le revendique. On ne peut pas vivre en société sans morale. Il faut respecter les gens, ne pas faire n'importe quoi, ne pas tromper, ne pas abuser, ne pas violenter. C'est un peu bateau, mais je ne vois pas pourquoi je me priverais de le rappeler quelquefois dans mes éditos.

Ce registre est-il une façon de vous démarquer d'une forme de commentaire politique plus classique ?

Avec mes confrères et consœurs éditorialistes, j'ai le sens de la compétition, c'est vrai, mais je ne cherche pas à être plus ou moins classique. Depuis que je suis journaliste, j'ai eu trois périodes. J'ai d'abord été reporter politique en presse écrite. On m'a ensuite demandé de devenir intervieweur à la radio — là, on s'efface derrière les questions. Depuis 2019, je fais des éditos. Donc je suis plus subjectif que je ne l'ai jamais été. Je parle plus de moi. J'obéis de plus en plus à des émotions. Je les canalise avec des outils professionnels, je les intègre dans des projets collectifs, mais avec le temps, j'ai appris à les verbaliser. Vieillir est une cochonnerie, mais ça sert au moins à ça.

Avez-vous l'impression que votre attitude est toujours journalistique ?

Non. Par exemple, ma réaction à Bayrou-Bétharram, ce n'est pas que du journalisme. Je n'ai pas la preuve ultime qu'il ment mais j'ai tellement l'impression qu'il ment que je dis : il ment. Je le connais depuis longtemps, je l'ai eu au téléphone, je lui ai posé les questions que je lui aurais posées s'il était venu sur le plateau. Il a fini par me lancer : « Vous êtes procureur ou quoi ? » Il ne m'a pas convaincu de sortir de mon incrédulité.

https://larevuedesmedias.ina.fr/jean-michel-aphatie-oradour-algerie-nazis-colonisation-rtl

 

 

 

 

 

 

 

 

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Source de l'article et de la compilation:

 

https://cieldefrance.eklablog.com/2025/03/la-memoire-qui-flanche-comme-un-nouvel-air-de-guerre-d-algerie-pour-en-debattre-sans-remettre-le-feu-aux-poudres.html


 

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