Par GRIND Pierre
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Se posant quasiment en « calife européen » à Washington, Macron y a même amené son scribe Darius Rochebin afin de tenter d'y fixer son image pour l'histoire par une interview où il n'hésite pas à se poser en petit poucet faisant face à l'Ogre Poutine, mais donc à distance prudente, et sans qu'il soit besoin pour cela d'une table à rallonge... A Moscou, même en se tortillant sur son séant, Macron n'avait pas réussi à entortiller Poutine, mais aujourd'hui il tente manifestement, sinon crânement, de prendre sa revanche en essayant d'entraîner avec lui ce qui reste de l'UE et quelques satellites distants de sa « coalition des volontaires » ...pour remonter au front, en réalité, tout en parlant de « paix » ! C'est en fin de compte ce qui ressort d'une écoute attentive de ses propres propos, aussi bien en français à Darius Rochebin qu'en anglais avec la journaliste complaisante de NBC News. De plus, il est donc intéressant de comparer les deux approches, selon le public auquel il s'adresse, et selon le langage employé. En anglais il continue de revendiquer l'intégralité du territoire ukrainien, même s'il prétend laisser, dans une langue comme dans l'autre, l' « initiative » de la négociation, sur ce point essentiel, à Zelensky. En français, il ne mentionne pas ce « rappel » à cette revendication en pratique évidemment caduque, mais par contre il fait un « lapsus révélateur » qu'il ne « rattrape » pas, en réalité, autrement que par un bafouillage confus qui n'en redresse donc pas le fond, trop évident, si l'on y regarde d'un peu près, et ce qui n'a donc pas non plus échappé aux grandes oreilles du pathétique chroniqueur Oliv'Oliv (https://youtu.be/6u3524kqf7Y ) , que l'on doit donc remercier pour sa sagacité sur ce point, jusque là passé sans soulever plus de questions. Sur Europe1 le « géopolitologue » Gérard Vespierre, de service pour la macronie, s'emploie néanmoins à minimiser cette affaire de « réassurance armée » au point que l'on se demande bien à quoi bon, réellement, dans ce cas (https://youtu.be/8BSlgtVXW10 à 24:00, en réponse aux propos d'Aurélie Trouvé, une député LFI qui, une fois n'est pas coutume, avait trouvé un tuc intelligent à dire...). Cette « réponse » de M. Vespierre est donc à tout le moins une « erreur », sinon carrément, et plus probablement, un mensonge pur et simple. Pour en avoir le cœur net il suffit donc d'écouter attentivement, dans l'interview Macron-Rochebin, le passage judicieusement repéré par Oliv'Oliv, que nous avons donc repris en extrait de la transcription à la suite.
De l'interview en anglais à NBC News on a extrait de la transcription les passages où Macron affirme on ne peut plus clairement sa volonté de réarmer « sans limites » l'Ukraine, ce qui est donc cohérent avec le fait qu'il continue de poser le principe de l'Ukraine récupérant son territoire, ce qui est objectivement un non-dit pour une future guerre, même si après une très hypothétique période de « paix », dans ce cas...
Mais, bref, les russes aussi ont des oreilles, et notamment Lavrov qui a donc trouvé deux opportunités de répondre assez directement à cette nouvelle tournure que Macron et les « européens » entendent donner à ces « négociations » : lors d'une première interview quasi officielle accordée à la télé ВГТРК et reprise, entre autres, par Комсомольская Правда, et dont on a trouvé une version sous-titrée en anglais, ainsi qu'un extrait assez long, assez correctement doublé en Français. Mais en plus, aujourd'hui même il a donc eu, lors d'une rencontre à Moscou avec son homologue jordanien, l'occasion de préciser encore plus nettement la position russe par rapport aux dangereuses gesticulations de Macron & consorts, qui remettent potentiellement en cause le processus entamé avec l'entrevue Trump-Poutine en Alaska.(On a choisi, pour cette conférence de presse, de republier une version indienne en anglais, courte et concentrée sur le seul sujet de la paix en Ukraine. Malheureusement, on n'a pas de version doublée en français, ni même l'original, dans ce cas.)
Il est clair qu'en accumulant les propositions et les conditions supplémentaires nouvelles, inacceptables par la Russie dans la mesure où elles remettent précisément en cause les garanties de sécurité déjà en question à l'origine du conflit, Macron et sa clique de « volontaires » ne se posent qu'en paroles en « faiseurs de paix », pour mieux continuer la guerre, en réalité, et sinon, la reprendre à leur compte, le cas échéant.
Pour mieux dissimuler leur propre impasse politique et continuer à ponctionner les peuples via la dette publique, il en ont besoin. Pour mettre fin à la fois à cette tuerie, à toutes les destructions et à tous les gaspillages que cette guerre implique, le 10 septembre et même tout de suite, la paix en Ukraine doit être la première de nos revendications, car c'est celle qui conditionne évidemment toutes les autres, à commencer en termes de moyens économiques utilisables à d'autres fins, prioritaires.
Luniterre
Extrait de la Transcription:
"La Russie est "un prédateur, un ogre à nos portes", met en garde Emmanuel Macron sur TF1-LCI"
0:21 _ MACRON: "C'est-à-dire que le président Trump veut la paix. C'est une bonne chose et c'est ce qui nous unit à lui. On veut tous la paix. On la veut depuis le début. Je rappelle qu'il n'y a qu'un agresseur dans cette guerre, c'est la Russie.
Nous, notre crainte dès février de cette année, c'était de dire "Faut pas que cette paix soit précipitée, qu'elle n'ait pas des garanties profondes, sinon on repart à la case départ." C'est un peu ce qu'on a vécu à Minsk. [ NDLR: tout le monde se rappelle pourtant que c'est l'Ukraine qui n'a jamais respecté ses engagements de Minsk, comme Merkel et Hollande l'ont expressément mentionné par la suite!!!] C'est à dire que cette paix ne serait pas respectée le jour d'après par la Russie et elle réattaquerait. Et donc le cœur de notre travail, nous européens, c'est ce qu'on appelle les garanties de sécurité. c'est de dire nous devons être sûr que quel que soit l'accord obtenu, quel que soit ce que l'Ukraine concédera ou pas, le reste de son territoire puisse continuer de vivre, ne pas subir de nouvelles agressions russes et que le reste de l'Europe vive en paix parce qu'en fait c'est l'avant-poste de la sécurité européenne.
3:13 [...)Mais l'Ukraine fera les concessions qu'elle qu'elle estime justes et bonnes.
Nous Européens on doit être en situation d'apporter ces garanties de sécurité pour l'Ukraine et pour nous. Et donc la première garantie de sécurité c'est une armée ukrainienne forte. c'est à dire de plusieurs de centaines de milliers d'hommes bien équipés avec des systèmes de défense, des, de meilleurs standards, et cetera.
La deuxième, c'est dans le sens de votre question, c'est d'avoir ce qu'on appelle des forces de réassurance et de dire que les Britanniques, les Français, les Allemands, les Turcs et d'autres sont prêts à mener des opérations, pas sur la ligne de front, pas de manière provoquante, mais des opérations de réassurance dans les airs, en mer, sur terre pour montrer un signalement stratégique et dire la paix en Ukraine durable, c'est aussi notre sujet.
ROCHEBIN:
_ Mais traduisez s'il vous plaît, signalement stratégique, c'est c'est la langue disons rassurante, mais pour être très concret, est-ce que ça veut dire que si les Russes attaquent à nouveau ensuite, c'est la guerre ? C'est-à-dire que les soldats français, anglais et cetera seront forcés de se battre.
MACRON:
_ C'est l'objectif de ces..., de ces..., de ces ces garanties de sécurité! L'objectif de ces garanties de sécurité, c'est de les dissuader par une armée ukrainienne forte, c'est de dire cette armée pourra résister et si vous allez trop loin sur des places qu'on aura définies et là tout le travail a été planifié par nos chefs d'état-majors, mais c'est ce que nous sommes en train de finaliser, si la Russie prenait après un accord de paix la responsabilité de revenir aux confins de l'Europe provoquer, à ce moment-là, il y aurait une réaction."
Extrait de la Transcription:
"Full interview: French President Macron discusses White House summit on war in Ukraine"
4:00 _ MACRON: "MY POINT, AND THIS IS WHY WE WERE, WE'VE WORKED SO HARD DURING THE PAST FEW MONTHS, AND WE NEED THIS CONVERGENCE IS TO BE SURE THAT THIS DEAL IS NOT DETRIMENTAL TO UKRAINE AND EUROPE.
AND UH AND WE ALL OF US, WE WANT A DEAL AND WE WANT A PEACE DEAL, BUT WE WANT TO MAKE SURE THAT THIS PEACE AND SO THIS DEAL WILL BE SOMETHING WHICH WILL ALLOW THE UKRAINIANS TO RECOVER THE COUNTRY AND LIVE IN PEACE, TO BE SURE THAT DAY AFTER THIS PEACE DEAL THAT THEY... WE HAVE SUFFICIENT DETERRENCE POWER NOT TO BE ATTACKED AGAIN AND TO BE SURE FOR THE EUROPEANS THAT THEY WILL LIVE IN PEACE AND SECURITY.
9:31 [...]AND THERE IS FULL CERTAINTY THAT IF YOU MAKE ANY PEACE DEAL WITHOUT SECURITY GUARANTEE, RUSSIA WILL NEVER RESPECT ITS WORDS, WILL NEVER COMPLY WITH ITS OWN COMMITMENTS, SO IT'S [FORCE TO] CRITICAL, AND THIS IS AN ESSENTIAL PART OF ANY DEAL FOR UKRAINE AND FOR THE EUROPEANS. THIS IS FOR OUR OWN SECURITY.
SO THIS IS A VERY IMPORTANT PROGRESS OF THE PAST FEW DAYS THAT THE US NOW IS WILLING TO BE PART OF THIS UH UH SECURITY GUARANTEES.
WE WORKED WITH THE COALITION OF THE WILLING, WHICH IS CO-CHAIRED BY UK AND FRANCE, AND UM AND WE HAVE A VERY CLEAR VIEW OF THE CONTENT OF SUCH A SECURITY GUARANTEE.
THE FIRST PILLAR IS THE UKRAINIAN ARMY. THE FIRST SECURITY GUARANTEE FOR UKRAINE AND EUROPE IS TO HAVE AN IMPORTANT UKRAINIAN ARMY WHICH WILL RESIST TO ANY NEW AGGRESSION AND WHICH WILL CREATE A DETERRENCE EFFECT VIS A VIS THE ATTEMPT TO AGGRESS UKRAINE AGAIN.
AND SO WE WORKED ON THE FORMAT OF THIS ARMY AND IN FACT WHAT WE WANT IS NO LIMITATION IN TERMS OF NUMBER OF SOLDIERS, AMMUNITIONS, EQUIPMENT, AND SO ON.
AND WHO IS READY TO HELP THE UKRAINIANS, ON WHAT TRAINING, EQUIPMENT, PATRIOT SYSTEM, SOME NEW GENERATION SYSTEM, AIRCRAFT AND SO ON..., TO HAVE THIS SOLID UKRAINIAN ARMY.
THE SECOND PILLAR IS TO BE SURE THAT IN THE AIR AND SEA, ON LAND, WE HAVE SUPPORT FROM ALL THE DIFFERENT KEY PARTNERS OF THE COALITION OF THE WILLING TO COME, AND TO SUPPORT THE UKRAINIAN FORCES, NOT TO BE A SUBSTITUTE. AND THE OBSESSION AND THE FIRST PRIORITY IS NOT TO HAVE OUR BOOTS ON THE GROUND, BUT TO BE SURE THAT WE HAVE REGULAR OPERATIONS WHICH ARE SORT OF GUARANTEE OR STRATEGIC SIGNAL THAT IT'S NOT JUST A PIECE OF PAPER THAT THE DAY THEY ARE ATTACKED WE WILL BE HERE BECAUSE THIS PIECE OF PAPER WE HAD IT IN THE PAST. IT WAS CALLED THE BUDAPEST AGREEMENT.
AND IT DIDN'T WORK, SO WE WANT TO CREATE A CLEAR STRATEGIC SIGNAL OF OUR SUPPORT TO THE UKRAINIAN ARMY AND SOME OF THE KEY PEOPLE OF THE KEY COUNTRIES, PART OF THE COALITION OF THE WILLING ALREADY COMMITTED TO DO IT: UK, FRANCE, TURKEY, FOR INSTANCE, WHICH HAS A VERY IMPORTANT ROLE IN THE SEA, AND A SERIES OF OTHER COUNTRIES.
SO NOW FROM TOMORROW WE WILL START TO WORK WITH THE US, ALL THE MEMBERS OF THE COALITION OF THE WILLING, THESE 30 COUNTRIES FROM CANADA TO JAPAN, AUSTRALIA, AND A LOT OF EUROPEAN... EUROPEANS IN ORDER TO CLEARLY GO TO THE DETAIL, AND SAY WHO IS READY TO DO WHAT.
AND THIS... THIS FIRST PHASE IS VERY IMPORTANT AND SHOULD BE FINALIZED BEFORE THE TRILATERAL MEETING, BECAUSE THESE SECURITY GUARANTEES ARE THE ONES TO PUT UKRAINE IN A SITUATION TO NEGOTIATE, AND I'M GETTING A WRAP."
NDLR: Les principales vidéos citées, en VO et en VF, après l'inévitable spot des pubs mensongères qui nous sont désormais imposées par le nouvel éditeur Webedia-Overblog, qui a pris le contrôle de l'ancien Canalblog.
+ Voir encore à la suite, en exclusivité pour nos lecteurs, le "свитшот" que Lavrov n'a pas osé porter en Alaska!!!
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ENFIN, EN EXCLUSIVITÉ POUR NOS LECTEURS,
LE « СВИТШОТ» QUE LAVROV N'A PAS OSÉ
PORTER EN ALASKA... :
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Récent sur Ciel de France:
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Il était une fois… le Front National de la Résistance (1941-1949). Et aujourd’hui?
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