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La "Pyramide sociale" au XXIème siècle: le monde a-t-il "changé de base"? Et de "sommet"???

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

" De la nécessité absolue d’une mondialisation de la redistribution des richesses de l’humanité

Qu’il en soit d’une décision divine ou des hasards de la naissance de chacun, ainsi que de son héritage génétique, social et culturel, la pauvreté de l’humanité s’aggrave depuis qu’existe la société humaine ; sa croissance démographique (...)

401 visites 1er oct. 2025 | 17 réactions | Claude Courty   + Partager

 

 

Dans son dernier article sur AgoraVox, M. Claude Courty, qui se présente comme le concepteur et le fondateur de la « pyramidologie sociale », et pourquoi pas, entend imputer à la dite « pyramide sociale » la cause systémique de la dette, au motif que la « base » s'élargissant toujours davantage avec la « surpopulation » les nations se sentiraient « obligées » à une « redistribution sociale des richesses » qui serait donc la cause de la dette...

Mais la base « surpeuplée » s'élargissant toujours, la pauvreté ne peut donc qu'aller croissante, selon M. Courty, qui en fait quasiment une sorte de loi « géométrique » de l'économie et de la sociologie.

 

Une « loi » qui en fait n'a que peu de rapport à la réalité de l'évolution sociale, sinon carrément aucune, pour l'essentiel...

Et pas davantage comme explication rationnelle de la dette, aussi systémique qu'elle soit néanmoins réellement devenue depuis le début du siècle.

L'auteur n'en conclut pas moins :

« La dette résultant de la redistribution des richesses aux pauvres, plus croît leur multitude plus la dette se creuse par la redistribution des richesses nécessaires à leur sauvetage ; or, le nombre de pauvres augmente structurellement avec la démographie, depuis que le monde existe. »

 

Pour l’essentiel, non, la dette ne provient pas de la « redistribution des richesses aux pauvres », précisément dans la mesure où les « aides sociales » sont en argent distribué : la consommation qui en résulte dégage donc en principe une marge bénéficiaire des entreprises qui les fournissent en biens divers.

 

Le problème est néanmoins, quoi que l’on en pense, que les marges des entreprises « modernes » sont trop faibles pour que l’on puisse les imposer en proportion et « boucler la boucle » de la redistribution.

 

En un sens le résultat est bien que l’essentiel de la dette « sociale » se retrouve dans le budget de l’Etat, mais ce n’est pas le seul poste de « gâchis financier », selon Marc Touati, comme on l'a déjà vu sur Ciel de France, et qui a étudié cela sans avoir pour autant un préjugé « gauchiste » en aucune manière.

 

Et en un sens même le « gâchis financier » de l’Etat n’est in fine pas perdu pour tout le monde et se retrouve également tôt ou tard dans le circuit de la consommation.

 

C’est donc l’ensemble du cycle « production-consommation » qui a cessé d’être « rentable » sans l’apport en liquidités supplémentaires provenant de la dette, tant publique que privée.

 

La dette publique-privée est un continuum dont la partie « publique » est en quelque sorte le vase d’expansion indispensable à la survie de l’économie moderne, intrinsèquement non rentable sur une base endogène en termes de masse monétaire, sans ce « vase d’expansion », création quasi permanente de monnaie « nouvelle » ex nihilo.

 

La croissance « mathématique » de la « pyramide sociale » n’y est donc pour rien, et d’autant moins que le développement de la pauvreté n’est pas du tout une sorte de fonction mathématique et plus ou moins géométrique de cette « pyramide ». La grande pauvreté avait malgré tout tendance à régresser, à l’échelle mondiale, avant la « crise du covid », qui l’a ramenée en 2021 au niveau élevé d’avant 2015, et pour éventuellement revenir à son niveau d’avant covid et même diminuer à nouveau ensuite, en 2023.

 

Mais la réduction, encore très partielle, de la grande pauvreté, n’est pas forcément contradictoire avec un creusement des inégalités, tout étant relatif.

Et surtout, pas non plus incompatible avec le fait que des fortunes immenses se construisent en même temps que s’accroît la dette publique et privée !

Et c’est là qu’il y a un système de « vases communicants », à travers les diverses formes de « dépenses publiques », même si habilement dissimulées par les médias systémiques, entre le « vase d’expansion » de la dette publique et les comptes en banques des plus grosses fortunes, qui n’existeraient donc absolument plus sans ce « siphon », indirect et discret mais efficace…

 

https://image.eklablog.com/EyNthlEU3jRYkJDtgjiXQTwKfw0=/filters:no_upscale()/image%2F1241236%2F20250817%2Fob_c788d5_ob-61a352-ob-5c3182-ob-b3b8a6-bc3.png

 

 

La grande bourgeoisie du XXIème siècle n’est plus essentiellement une classe d’entrepreneurs mais une classe de parasites banco-centralistes.

 

D'une manière générale, dire que la société humaine est « pyramidale », c’est simplement un truisme, une évidence historique et en fait quasi naturelle jusqu’à un certain point, tous les « modèles » et tentatives « égalitaires » ayant finalement échoué.

 

Comme l’évidence du propos de l'auteur le souligne néanmoins dès le départ, cette hiérarchisation est essentiellement économique, l’« autorité » du sommet découlant généralement de sa capacité à accumuler les richesses aux dépens des classes « inférieures ».

 

Même dans les tentatives « égalitaires » il se dégage plus ou moins « spontanément » une « élite » qui est sensée savoir mieux que les autres, ce qui est parfois exact, du reste, mais aboutit assez rapidement à recréer des inégalités économiques et sociales.

 

Autrement dit, si une « solution » existe un de ces jours futurs (…encore très lointains !), ce n’est pas une histoire de nivellement absolu mais de « mesure » dans une hiérarchisation capable de ne pas spolier les classes inférieures de leurs droits essentiels.

 

Mais l’essentiel n’en reste pas moins que la « pyramide sociale », quelles que soient ses proportions statistiques, n’est pas juste une figure accumulant des statistiques, mais d’abord et avant tout une « construction » civilisationnelle en évolution constante en fonction des rapports de production qui déterminent à la fois les différentes classes sociales et la répartition des richesses.

 

Tant que la très grande majorité de la population vit de son engagement dans un rapport de production il y a une sorte de régulation qui s’opère, selon les rapports de forces entre classe sociales et qui tend à éviter les situations trop conflictuelles basées sur des inégalités extrêmes.

 

Dans une société « moderne » tertiarisée, socialement et humainement déconnectée d’un secteur productif de plus en plus robotisé, il n’y a plus de lien direct entre rapports sociaux et rapports de production, et donc il y a « naturellement » un recul de toutes les limites en termes d’inégalités sociales.

 

Et le secteur productif lui-même cesse d’être rentable en termes de valeur-travail, à mesure que la robotisation exclut le travail humain productif. Sa survie, en termes de pseudo-« rentabilité », n’est plus possible qu’en fonction de la masse des crédits circulant dans la société, c’est-à-dire de la dette.

 

Et contrôler la dette ce n’est plus l’histoire d’une classe d’entrepreneurs, mais d’une toute petite poignée de bureaucrates banco-centralistes maîtres de la politique monétaire des Etats, tout au sommet réel de la pyramide sociale, et bien au dessus de ces mêmes Etats.

 

Le seul levier économique encore possible pour tenter de changer la situation positivement, c’est le contrôle démocratique du crédit : une solution qui exige cependant un bon niveau de conscientisation des populations.

 

D’où l’intérêt « vital » pour les classes dominantes de « cultiver » l’abrutissement des masses populaires, ce à quoi elles s’occupent malheureusement avec une grande efficacité, hélas ! Sous-culture couplée avec une alternance de chaos et de répression : pas besoin de « dictature idéologique ».

 

Le chaos et la confusion des idées suffisent…

 

Selon l’adage bien connu de M. Macron, la « base » de la pyramide sociale est donc constituée « des gens qui ne sont rien », ce qui est à sa manière et « vu d’en haut » une réinterprétation méprisante de la chanson : « Nous ne sommes rien, soyons tout ! ». Les « riens » de l’époque évoquée dans la chanson constituaient essentiellement le prolétariat industriel productif : « Producteurs, sauvons nous nous-mêmes ! », et carrément appelés à jouer un rôle historique en tant que « base » : « Le monde va changer de base ! ». En fait si le prolétariat industriel est bien devenu la base sociale du capital productif jusqu’aux trois quarts du siècle dernier, non seulement il n’a jamais assumé le rôle historique de changer la société, mais avec la robotisation, c’est la société qui a changé, et de plus en plus sans lui en tant que classe sociale en déclin dans tous les pays « avancés » en termes de développement technologique.

 

C’est en ce sens que l’on peut dire que le monde a effectivement « changé de base », même si pas au sens espéré à l’époque par Karl Marx, par exemple.

Néanmoins, s’il croyait à la possibilité d’un rôle révolutionnaire pour le prolétariat industriel, il n’en faisait pas non plus un dogme, contrairement à une idée reçue, et particulièrement chez la plupart des pseudos-« marxistes », qui, généralement, ne l’ont pas vraiment lu…

 

En fait, et selon les « Grundrisse », qui sont par définition étymologique à la base de son œuvre, l’automatisation de l’industrie, (aujourd’hui « robotisation »), mène de toute façon à la disparition de la valeur-travail comme mesure de la valeur de toutes choses et comme base de l’élargissement du capital. Le capitalisme ainsi défini disparaît de toute façon avec la robotisation, révolution socialiste ou non.

 

Si la prospective de Marx s’est arrêtée à cette alternative, elle n’excluait donc pas absolument qu’un autre système de domination de classe succède au capitalisme productif, même s’il n’a pas davantage exploré cette piste, encore assez convaincu dans le contexte de son époque que les luttes sociales finiraient par aboutir.

 

C’est pourtant l’alternative dans laquelle nous nous trouvons, en fin de ce premier quart du XXIème siècle, et c’est à la suite de la crise dite « du covid » que j’ai commencé à l’analyser davantage en profondeur et que je l’ai baptisée selon ce qui me semble être sa fonction essentielle : banco-centralisme, basé sur le crédit, la dette et la création monétaire ex nihilo, et non plus sur l’élargissement du capital productif, plutôt en voie de « rétrécissement »…

 


Le Roi « Capital » est mort, vive la Reine « Dette » ! (*)

 

https://cieldefrance.eklablog.com/le-roi-capital-est-mort-vive-la-reine-dette-a215991921

 

Luniterre

https://cieldefrance.eklablog.com/2025/10/la-pyramide-sociale-au-xxieme-siecle-le-monde-a-t-il-change-de-base-et-de-sommet.html

PS : finalement, un échange avec M. Courty :

 

Claude CourtyClaude Courty 3 octobre 14:39

 

@Luniterre

Bonjour,

Des circonstances indépendantes de ma volonté m’ayant empêché de répondre plus rapidement aux réponses qu’a pu susciter mon article, j’en remercie les auteurs en les priant de bien vouloir m’excuser.


- :- :- :- :- :- :-


Je me permets de récuser vos arguments, considérant selon ma propre analyse qu’ils se fondent sur une trop sommaire lutte des classes, ayant fait preuve de son impuissance, à en croire la rémanence des revendications l’ayant motivée bien avant Marx (cf. Spartacus par exemple), dans l’ignorance, la négligence ou le simple déni des réalités aussi factuelles que fondamentales de la condition humaine, que je rappelle brièvement :

 

Qu’un Dieu sans miséricorde ait pu ou non en décider, c’est la dimension structurelle incontournablement pyramidale de toute société fondée sur l’altérité de ses membres, telle qu’elle résulte des hasards de la naissance et de l’héritage génétique, social et culturel de chacun qui en décide, quels que soient les aléas de son existence par la suite et les talents innés ou acquis permettant à une infime minorité de plus ou moins les surmonter.

Sachant qu’en outre :
— Richesse et pauvreté existent l’une par l’autre, dans leur relativité, selon l’universelle dialectique faisant que le bien existe par le mal, la lumière par l’obscurité, la vérité par l’erreur (ou le mensonge), etc.
— Que l’enrichissement n’a pas d’autre limite que celles des ressources dont la tirent ceux qui la convoitent – ainsi que leur ambition –, alors que la pauvreté a pour frontière la base de la pyramide sociale coïncidant avec le niveau Zér0 de la richesse au-dessous desquels règne l’inexistence sociale. 
https://pyramidologiesociale.blogspot.com/2017/11/pauvrete-et-richesse-essai-de.html

— Que chacun d’entre nous étant le riche ou le pauvre de plus riche que lui, et inversement, l’humanité est condamnée à vivre dans une interdépendance hiérarchisée par l’altérité de ses membres et non dans une stérile “lutte des classes” héritée d’une compassion strictement matérialiste.

https://pyramidologiesociale.blogspot.com/2018/06/ineluctables-inegalites-sociales.html

 

Ce qui a motivé le déni de leur condition par les humains, est leur vaniteuse auto-sacralisation, reposant simplement sur le supplément de conscience d’eux-mêmes qu’a la majorité des représentants de l’espèce, au point d’avoir conduit les contestataires de l’ordre religieux à substituer la laïcité de leurs diverses idéologies à des croyances spirituelles les ayant précédées, pour répondre à une angoisse existentielle commune, et vainement tenter de niveler par la force des inégalités sociales

 

NB
- Pour éviter de chercher à justifier la lutte des classes par l’amélioration des conditions de vie de l’humanité entière, ne suffit-il pas de constater qu’elle a avant toute autre considération résultée et continue de le faire, d’un progrès scientifique et technique au demeurant contesté par tant de manifestations sociales le rejetant comme étant au service des riches (Cf. grèves et autres mouvements historiques).

 Lien permanent

 

 

Luniterre Luniterre 3 octobre 15:55

 

@Claude Courty

 

Bonjour,

 

Je pense que vous n’avez pas vraiment lu Marx, ni même vraiment mes commentaires, pourtant plus brefs que les œuvres de Marx…

 

Même pour Marx, sinon pour les pseudos-« marxistes », la lutte des classes c’est aussi, sinon même, d’abord, la lutte des classes dominantes entre elles, à mesure du développement des divers modes de production, évoluant avec la technologie.

 

Les classes laborieuses évoluent elles aussi, bien obligées, en s’insérant de gré ou de force dans les différents types de rapports de production, et de rapports sociaux qui en découlent…

 

Elles n’en luttent pas moins pour tenter d’améliorer leur sort…

 

Avec la révolution industrielle elles ont trouvé dans l’outil lui-même, à travers ses contraintes diverses, un levier leur permettant d’améliorer le rapport de force, et donc leurs conditions. « Rapport de force » culminant pour elles avec les dites « Trente Glorieuses », même si la perspective d’une alternative au système n’a jamais vraiment été réellement proche, ni en France ni ailleurs, du reste.

 

La robotisation et le déclin concomitant de la classe ouvrière rebat les cartes des rapports sociaux et de la lutte sociale en général, et donc aussi bien pour les classes laborieuses « tertiarisées » que pour la classe dominante « financiarisée » qui cesse d’être une classe d’entrepreneurs à proprement parler, tandis que les PME encore réellement basées sur la productivité se fondent, pour celles qui survivent, davantage dans la classe moyenne que dans la grande bourgeoisie.

 

Bref, évolution de la technologie et évolution des classes sociales sont concomitantes, évidement, et chez Marx aussi, depuis la nuit des temps plus ou moins civilisés…

 

Que le progrès social aille également avec l’amélioration des moyens de production, c’est une évidence et un truisme, mais le passage d’un mode de production à l’autre est tout aussi évidemment la forme la plus basique et incontournable de la lutte des classes, chaque bouleversement des modes de production rebattant les cartes, comme c’est donc tout aussi évidemment le cas aujourd’hui, avec l’informatisation, l’automatisation  et la robotisation.

 

A partir de la crise de 2007-2008, essentiellement, une classe de bureaucrates banco-centralistes en position de contrôler la création monétaire et la dette a de fait déjà remplacé la bourgeoisie capitaliste, même « financière », comme classe dominante.

 

Luniterre

Lien permanent

 

 

(*A l'occasion, une réédition de cet article:

Le Roi « Capital » est mort, vive la Reine « Dette » !

 

https://cieldefrance.eklablog.com/le-roi-capital-est-mort-vive-la-reine-dette-a215991921

 

A la suite du spot de pubs mensongères qui nous sont imposées ici depuis que le groupe Webedia-Overblog a pris le contrôle de l'ancien éditeur Eklablog...

 

 

 

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Requiem pour le Capital?

https://image.eklablog.com/ig20VEemOQHzKYbcZDdVTIn00YI=/filters:no_upscale()/image%2F1241236%2F20250110%2Fob_e386da_gnhijatr3p9xe-bw2izx3dh3m24-436x512.jpg

         Suite à la brève "reprise économique" post-confinements-covid, la dette globale est repartie à la hausse en fin 2023 et actuellement en 2024, pour atteindre également à nouveau 330% du PIB mondial, tandis que le montant total, lui, s'élève à 315 000 MILLIARDS de dollars!

Un nouveau record qui interroge, après plusieurs décennies de tendance haussière, sur les fondamentaux de l'économie "moderne postindustrielle".

Alors qu'en France se joue un nouvel épisode électoral qualifié d'"historique", la question importante n'est-elle pas plutôt de chercher à construire une alternative à cette impasse, plutôt que de s'écharper sur des "débats" en pratique davantage hystériques qu'historiques et qui se limitent à "communautariser" le débat public, au lieu d'aborder les questions de fond?

L'Occident, qui tente de relancer son économie en entretenant la guerre en Ukraine n'y arrive donc absolument pas, alors que dans le même temps, la Russie, qui était supposée être "mise à genoux" par les sanctions, connait une franche reprise, et après une "hausse" toute relative de son ratio dette publique/PIB autour de 18%, est à nouveau repassée sous la barre des 15%, tandis que le nôtre tourne autour des 110%, et celui des USA dépasse 120%! (*)

 


 

https://elements.visualcapitalist.com/wp-content/uploads/2024/05/global_debt_monitor_may2024_vf.pdf

Télécharger « IIF-global_debt_monitor_may2024_vf.pdf »

 Le "choc pandémique" a pu brièvement faire illusion, mais comme attendu, cela n'a donc pas duré, comme précisément vu ci-dessus!

https://www.imf.org/-/media/Images/IMF/Blog/Articles/Blog-Charts/2023/FR/fre-blog-091323-cht1.ashx

https://posts.voronoiapp.com/economy/315-Trillion-in-Global-Debt-Broken-Down-by-Sector-1437

 (*   https://www.ceicdata.com/en/indicator/france/government-debt--of-nominal-gdp

https://fiscaldata.treasury.gov/americas-finance-guide/national-debt/

https://tradingeconomics.com/russia/government-debt-to-gdp

https://www.ceicdata.com/en/indicator/russia/government-debt--of-nominal-gdp )

 

Le Roi « Capital » est mort, 

Vive la Reine « Dette » !

https://image.eklablog.com/6OnB5CEOxeBYFr8JHxc0Cwx0vRQ=/filters:no_upscale()/image%2F1241236%2F20250110%2Fob_d51e89_cwrmssgsb2gdwmpjq1r3vjboagy.png

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/le-roi-capital-est-mort-vive-la-255663

https://image.eklablog.com/oscYvYK_ADZbcbVUA92a1ZMZLV0=/filters:no_upscale()/image%2F1241236%2F20250110%2Fob_96b77c_dbbcaqex0frfttiiif2bxqd3oy0-875x656.jpg

       « Le Roi est mort, vive le Roi ! ». La tradition monarchique et aristocratique n’a eu de cesse d’éviter la « vacance du pouvoir », ce qu’elle a finalement résumé par cette formule. Mais déjà, cela lui a pris plusieurs siècles avant que cela ne paraisse une « évidence » aux populations soumises à ce régime.

La bourgeoisie française fête le 14 Juillet comme l’avènement de son propre règne en tant que classe « républicaine », mais elle a encore dû composer avec deux empereurs et trois rois, soit soixante six ans de « compromis » entrecoupés de quatre ans de l’éphémère IIème République…

Mais la bourgeoisie française n’est pas tombée du ciel avec l’orage du 14 Juillet. Comme la plupart des autres bourgeoisie, si elle s’est en quelque sorte lentement « sédimentée » dans les bourgs plus ou moins « francs » du moyen-âge, elle a connu littéralement ses « classes » économiques sur les « bancs » des changeurs, même si parfois précisément avec quelques « ruptures de bancs », banqueroutes de quelques « erreurs de gestion » considérées peu ou prou comme escroqueries.

Bourgeoisie, banque et capital, voilà quelques vocables associés qui ont fait, bien avant 1789, l’histoire de notre pays comme celle de pas mal d’autres, en Occident.

« Le Capital », le mot est lâché, le « maître » mot qui a fait l’histoire de la société industrielle moderne, apparaît avec elle comme la notion centrale de la vie économique, indépendamment des régimes sous lesquels il s’est « épanoui »…

Pourtant, difficile, donc, de préciser la date exacte à laquelle il aurait fallu s’écrier : « Le Roi est mort, vive le Capital ! »

Récemment, un bref billet, dit « Telex », du Monde Diplo, s’exprimait ainsi :

« La dette publique occupe une place singulière dans la boîte à outils des politiques néolibérales. Elle joue à la fois le rôle de croquemitaine et celui de bain de jouvence. D’un côté, son augmentation menacerait l’ensemble de l’économie, la laisser « filer » représentant une forme d’irresponsabilité coupable : la transmission aux générations futures du fardeau amassé du fait de l’égoïsme de celles d’aujourd’hui. De l’autre, elle maintient en vie un système désormais incapable de se passer d’elle. Outre que ses titres alimentent le processus de financiarisation et offrent aux marchés les véhicules d’investissement dont ils ont besoin pour fonctionner, la dette permet d’ajourner les manifestations trop violentes du conflit inhérent aux démocraties libérales en régime capitaliste. »

https://www.monde-diplomatique.fr/telex/2024-06-Dette-publique

Ce qui acte on ne peut plus nettement que dette publique et dette privée sont inséparables et complètement interdépendantes, et que la vie « financière » du pays ne peut tout simplement pas continuer sans la dette qui la « soutient »…

Si Marx revenait aujourd’hui analyser d’un point de vue matérialiste et dialectique notre société parfois même qualifiée de « postindustrielle », il n’écrirait donc sans doute pas une œuvre monumentale baptisée « Le Capital », mais chercherait plutôt à comprendre comment s’est opérée cette mutation « postindustrielle » et comment s’opère le « soutien » vital de la dette à ce système « moderne » du XXIème siècle.

Son « maître mot », sinon le titre de son œuvre maîtresse éventuelle, ne serait donc plus « Le Capital », mais « La Dette »…

A quel moment s’est donc opéré ce « glissement sémantique » discret, mais qui a tout, quant au fond, d’un « glissement de terrain », sinon carrément d’un séisme ?

La crise de 2007-2008 nous paraît être le meilleur candidat, mais la crise dite « du covid », avec son cri du cœur, « Quoi qu’il en coûte ! », est sans doute un challenger honorable, sinon même une consécration !

Ce « Quoi qu’il en coûte ! » sonne donc exactement pour nous comme : « Le Capital est mort, vive La Dette ! ».

C’est à partir de ce « cri macronien » que notre réflexion personnelle sur l’évolution de la société « postindustrielle » a pris une tournure telle que l’on a pu considérer réellement la nature profonde de ce changement d’ère historique. Le « soutien » auquel M. Macron se référait à ce moment précis et sans lequel sa « petite phrase » n’aurait pas eu de sens est bien celui de la Banque Centrale Européenne, capable en quelques heures d’ouvrir les vannes d’une « création monétaire » peu ou prou « illimitée » pour renflouer un système « capitaliste » en faillite.

Mais comme le dit si bien le « Monde Diplo » : « elle maintient en vie un système désormais incapable de se passer d’elle »

C’est pourquoi il ne faut, dès lors, plus parler de « capitalisme », mais bel et bien de banco-centralisme !

A la suite du « cri du cœur » macronien recherches et polémiques se sont succédées, pour aboutir, il y a bientôt un an déjà, à cette première synthèse :

« Cinq différences essentielles entre l'époque de Marx et la nôtre » 

http://cieldefrance.eklablog.com/cinq-differences-essentielles-entre-l-epoque-de-marx-et-la-notre-a214412243 

Rééditée en janvier 2024 :

« Cinq différences essentielles entre l'époque de Marx et la nôtre (Nouvelle édition) » 

http://cieldefrance.eklablog.com/cinq-differences-essentielles-entre-l-epoque-de-marx-et-la-notre-nouve-a215228819 

Pour Agoravox, dans le contexte « éruptif » actuel, en voici donc une nouvelle édition :

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Capital, capitalisme, de quoi Marx parlait-il ? 

...et qu'en est-il aujourd'hui ? 

A la base de son ouvrage Le Capital, se trouve la notion de valeur.

La notion de valeur, dans Le Capital, est tout d'abord associée à la notion de marchandise.

Et la notion de valeur de la marchandise à la notion d'échange, et donc, de valeur d'échange.

Pourtant, ce qui est souligné au départ c'est que la valeur d'une marchandise provient essentiellement de son utilité, répondant à un besoin, quel qu'il soit.

In fine, la marchandise est destinée à être consommée, utilisée. Pour le consommateur, l'utilisateur, la valeur de la marchandise est en fin de compte sa valeur d'usage, la valeur qu'il est prêt à offrir en contrepartie de cet usage.

En fin de compte, donc, selon la loi du marché, loi de l'offre et de la demande, c'est le consommateur qui fixe la valeur d'usage, au moment de l'échange.

Pour le vendeur, au moment où il cède la marchandise, cette valeur est donc aussi pour lui la valeur d'échange.

A priori, il s'agit donc de la même, et on comprend donc bien que Marx, pour simplifier son exposé de la notion de valeur, se soit concentré presque exclusivement sur la notion de valeur d'échange.

Pourtant, les déterminants de l'une et de l'autre ne sont pas les mêmes, et il est donc nécessaire de les comprendre et de les analyser, si l'on veut comprendre les phénomènes considérés dans leur globalité, leur origine et leur évolution historique, ce qui est précisément l'objet du présent article.

Dans les Grundrisse la notion de valeur d'usage est bien davantage présente et joue même le rôle essentiel dans la définition de ce qu'est le capital. 

 

     Dans Le Capital cette notion de valeur d'usage ressurgit donc, par nécessité, dans la définition de ce qu'est réellement la plus-value. Ce brusque « retour en force » de la valeur d'usage perturbe bon nombre de lecteurs, même les plus attentifs, au point que certains, surtout parmi ceux qui n'ont pas lu, ou pas compris, les Grundrisse, y voient une sorte d'incongruité, et parfois même carrément d'anomalie ou d' « erreur » dans la théorie marxiste du Capital !

Alors qu'en réalité, ce qui détermine la valeur d'usage, c'est avant tout le besoin, sous toutes ses formes, qu'il soit vital ou non, social ou non.

Ainsi une entreprise productive, pour vivre, a besoin de vendre sa production. Mais elle ne peut la vendre qu'au prix du marché, fixé par la demande, et qui est pour l'entreprise la valeur d'échange de sa production.

La notion de besoin, pour l'entreprise, ne réside donc pas essentiellement dans la valeur d'échange de sa production, qu'elle ne maîtrise pas, mais dans les besoins de sa production, dans les besoins de son processus productif.

Dans tous les achats et dépenses liées à son processus productif, elle se trouve en réalité elle-même dans la position du consommateur. Elle est dans le besoin des biens, bâtiments, machines, matières premières, composants, énergies, etc... nécessaires à son processus productif.

C'est donc l'adéquation entre les valeurs d'usage, pour elle, de tous les ingrédients de son processus productif et la valeur d'usage, pour le consommateur de sa production, qui détermine sa capacité d'adaptation au marché ou non, son potentiel de survie.

Dans la mesure où la capacité du processus n'est pas déterminée seulement à l'instant T de chaque vente de produit mais dans la durée, par rapport à un investissement initial à amortir et à rentabiliser, on comprend donc d'autant mieux la notion de besoin dans lequel l'entreprise se trouve pour chacune de ses dépenses, que ce soit en termes d'investissement, de fourniture ou de fonctionnement.

Et le travail, dans tout ça ? 

Dans Le Capital Marx passe donc assez rapidement de la notion de valeur de la marchandise à celle de la valeur du travail. Il en définit même un principe d'équivalence. A chaque étape du processus productif la valeur du produit est l'équivalent de la valeur du travail socialement nécessaire à sa production.

L'économie moderne a introduit la notion de « chaîne de valeur ». Même d'un point de vue marxiste, elle est donc appropriée, particulièrement au sens du travail nécessaire à chaque étape du processus productif.

Le travail est nécessaire à l'étape d'extraction des matières premières, de construction des bâtiments, de production de l'énergie, de fabrication des machines, de fabrication de tous les composants, et en fin de compte, de fabrication du produit fini.

Le travail est donc un ingrédient de base de toute production, tant qu'elle n'est pas entièrement automatisée et robotisée. 

Le degré d'automatisation des processus productifs est donc un des déterminants essentiels du rapport entre valeur du travail et valeur de la production. 

Dans les Grundrisse, Marx se place davantage dans une perspective globale d'analyse historique des processus productifs de la société humaine, et cela va donc des tribus de chasseurs-cueilleurs à l'automatisation la plus totale des processus productifs. Même si l'essentiel du sujet reste le processus industriel en voie de développement à son époque, cela débouche donc, à partir des observations concrètes qu'il est déjà possible de faire en son temps, sur une prospective concernant l'évolution d'une industrie que l'on qualifie aujourd'hui de robotisée. A tel point que nombre d'économistes systémiques actuels font de cette prospective une référence pour comprendre les processus en cours, à notre époque actuelle.

Dans la « chaîne de valeur », à chaque étape du processus productif, et quelle que soit la proportion dans laquelle il y rentre, le travail est donc un ingrédient parmi d'autres, et il a donc et une valeur d'usage et une valeur d'échange.

Dans la chaîne de valeur du processus productif, le « vendeur » de l'ingrédient travail, c'est le travailleur lui-même, qui vend sa force de travail contre un salaire, qui est donc, pour lui, la valeur d'échange de sa force de travail.

La valeur d'échange de cette force de travail est donc déterminée par le rapport entre l'offre et la demande, sur le marché du travail, au moment de la signature du contrat de travail. Les proportions dans lesquelles elle peut varier résultent de multiples facteurs, sur lesquels on reviendra plus loin.

Pour l'employeur la valeur d'usage de cette force de travail, répondant aux besoins de son entreprise, est donc réalisée par l'emploi de cette force de travail dans une phase particulière du processus de fabrication du produit, une phase au cours de laquelle elle y ajoute donc une quantité de valeur particulière et déterminant la « valeur ajoutée » à ce stade du processus productif.

Au cours de cette phase particulière du processus, l'entreprise « consomme » donc littéralement, en fait, la force de travail.

Pour l'entreprise, la force de travail est donc bien une valeur d'usage, à priori parmi d'autres, qu'elle a acheté à sa valeur d'échange, parmi d'autres marchandises dont elle a le besoin et l'usage pour survivre en tant que processus productif.

Pour autant, la force de travail, par nature, n'est pas un objet ni une substance plus ou moins inerte, mais bien, par nature et par définition, une substance vivante, une énergie qui fait donc littéralement « corps » avec son vendeur, le travailleur !

Les limites dans lesquelles elle peut varier, en tant que valeur d'échange, sont donc déjà biologiquement celles de la survie physique du travailleur, et même, plus précisément, celles de sa survie dans les conditions qui permettent une reproduction optimum de sa force de travail.

Et de plus, ces conditions ne sont pas déterminées uniquement de manière biologique, mais aussi socialement, par la capacité d'adaptation du travailleur à la société de son époque et donc aussi à son environnement culturel, éventuellement déterminant en termes de formation professionnelle.

Tous les déterminants de la reproduction de la force de travail, pour le travailleur, sont donc des valeurs d'usage, correspondant à ses divers besoins de consommation, sur tous les plans, que ce soit alimentaire ou autres.

Au moment de la signature du contrat de travail, tous ces déterminants deviennent donc ceux de la valeur d'échange de la force de travail, sous forme de salaire.

Dans la mesure où le prix du kilo de steak est l'un de ces déterminants, par exemple, nécessaire à la reproduction de la force de travail de l'ouvrier, on peut effectivement résumer symboliquement le processus de la chaîne de valeur, en termes de valeurs d'usage, en exposant simplement que le patron consomme la force de travail de l'ouvrier comme l'ouvrier consomme le steak !

Autrement dit, si la valeur ajoutée à la production par la force de travail est supérieure à la valeur du steak et autres biens consommés par l'ouvrier, il y a donc production d'une plus-value au bénéfice du patron, détenteur, par contrat, de la force de travail de l'ouvrier.

C'est pourquoi, selon Marx, on peut définir la plus-value comme la différence entre la valeur d'échange de la force de travail, le salaire, et la valeur d'usage de cette force de travail, au cours du processus productif.

Mais comme on l'a vu, la capacité de survie d'une entreprise réside essentiellement dans son adaptation au marché, qui finalise le niveau des prix pratiqués, dans les limites du libéralisme, mais cette limite est un autre sujet, sur lequel on reviendra également.

Concrètement, la réalisation de la plus-value n'est donc possible que si le prix du marché, pour la production, est supérieur au coût de production, dans l'entreprise.

Le prix de la force de travail, lui-même, ne peut varier que dans des limites compatibles avec les prix du marché, au moins pour un certain nombre de biens et produits essentiels et socialement vitaux.

Et le prix du produit, en fin de compte, ne peut pas être durablement inférieur à son coût de production.

Le coût de production, incluant la force de travail, est donc l'élément le plus déterminant du prix, en réalité, tant que dure la vie de l'entreprise. 

Et ce coût de production lui-même est déterminé par le prix de marché de ses composants, incluant la force de travail.

Si l'essentiel des prix du marché est donc structuré par les coûts de production, il y a donc néanmoins une interaction dialectique constante entre la loi du marché, loi de l'offre et de la demande, et la fixation des coûts de production, qui en déterminent l'essentiel, toujours en tenant comte du coût du travail, du prix de la force de travail, donc.

La proportion dans laquelle intervient la force de travail est donc le déterminant essentiel de la quantité de plus-value produite. 

C'est donc, entre autres, ce qui fait une très grande différence entre l'époque de Marx et la nôtre.


 

 

 

 

    L'époque de Marx, c'est la pleine époque de la première révolution industrielle. C'est l'époque du passage d'une civilisation agraire à une civilisation industrielle basée presque exclusivement, outre la force de travail, sur la force motrice de la vapeur.

C'est donc aussi la pleine époque de la naissance et de l'expansion du prolétariat industriel, en tant que nouvelle classe sociale. Pour Marx, c'est essentiellement de cette classe, et même, presque exclusivement, dans les conditions sociales et économiques de l'époque, qu'est extraite la plus-value qui permet l'expansion du capitalisme industriel et l'élargissement du capital investi dans la production.

Mais en son temps déjà la modernisation technologique constante des forces productives induit le phénomène de baisse tendancielle du taux de profit. Ce phénomène est néanmoins constamment compensé, en son temps, à la fois par l'augmentation de la productivité, en volume, et par l'expansion de l'industrialisation, qui induit une expansion constante du prolétariat industriel. De sorte que la masse de la force de travail employée continue de croître, et avec elle, la masse de plus-value, fût-elle relative, selon la baisse tendancielle du taux de profit.

L'expansion du capital, au sens réellement marxiste du terme, est donc liée à l'expansion du prolétariat industriel productif.

A partir du moment ou la masse du prolétariat industriel commence à se contracter, il peut y avoir encore un léger décalage du à l'augmentation de la productivité, en volume de production, mais la masse de plus-value produite commence inexorablement à se contracter elle-même, en proportion de la masse du capital investi, et la lutte contre la baisse tendancielle du taux de profit, pour le capital, passe déjà par la financiarisation du système et donc le développement du capital financier « fictif ».

Cette phase, en Europe occidentale, est typiquement celle des années 70 du siècle passé. 1975, en France, est le point optimum de l'expansion du prolétariat industriel. C'est aussi la période optimum de la productivité du travail et du capital, en termes de production de plus-value.

Mais la rétractation de la masse de plus-value produite, en proportion du capital investi, ne signifie pas pour autant la rétractation du développement des forces productives.

En décrivant le processus de formation de la plus-value, Marx distingue donc les deux formes essentielles que prend le capital, au cours de ce processus, et au cours du développement du capitalisme industriel, en général.

Ce sont d'une part, la masse salariale, qui constitue le capital variable, et de l'autre le capital fixe, constitué essentiellement par les moyens techniques matériels de la production, et principalement, les machines.

Et de plus, pour Marx, donc, n'est productive de plus-value que la masse des salaires directement engagés dans le processus productif industriel. Il n'exclut pas que d'autres secteurs d'activité puissent être rentabilisés en termes de plus-value, mais il est clair que pour son époque ce phénomène est tout à fait marginal et peu significatif en termes d'expansion du capital proprement dite.

Ce qui est déjà évident à son époque, également, c'est que les phases d'expansion de la société industrielle moderne sont nécessairement très inégales selon les pays et les régions du monde.

Ce qui amène à une double constatation, concernant la capacité du capital à compenser la baisse tendancielle du taux de profit.

D'une part, il s'agit d'exporter les capitaux vers les pays où le développement industriel n'a pas encore atteint son optimum en termes d'extraction de plus-value, et d'autre part, de tenter de rentabiliser les nouveaux secteurs d'activité qui apparaissent avec la tertiarisation des sociétés sur le déclin, en termes de développement industriel, et qui se transforment donc essentiellement en sociétés de services.

Mais la tendance à l'automatisation et à la robotisation de la production, qui contracte la plus-value industrielle, se reproduit également dans les services.

De sorte que le cycle de contraction de la masse de plus-value extraite, en proportion de la masse du capital investi, s'il peut être freiné, ne peut pas être arrêté ni réellement contrecarré.

C'est donc l'ensemble des sociétés industrielles modernes qui suivent ce cycle d'industrialisation-tertiarisation.

Pour autant, cela n'arrête donc en rien le développement des forces productives, ni leur développement technologique vers toujours plus d'automatisation et de robotisation.

Avec le développement technologique des forces productives modernes, ce qui continue à croître, c'est donc essentiellement la masse du capital fixe. Elle croît donc en masse absolue, et aussi et surtout, en vitesse de renouvellement, contrainte par la vitesse de renouvellement des technologies productives modernes.

Or de cette masse de capital fixe n'est donc pas extraite une seule goutte de plus-value. Pour autant, c'est bien de l'expansion continue de cette masse, et même, de façon encore bien plus déterminante, de la vitesse de son renouvellement, que dépend le contrôle des marchés, sans lequel la domination du capital n'existe pas. 

Telle est la première différence essentielle entre l'époque de Marx et la nôtre.  


 

      A l'époque de Marx, l'élargissement du capital est un processus endogène, basé sur le réinvestissement du capital augmenté de la plus-value générée par le cycle d'investissement précédent, et ainsi de suite. Si le financement par le crédit et la création monétaire interviennent, ce n'est jamais qu'en anticipation de l'élargissement futur, basé sur la plus-value extraite du travail productif.

Lorsque s'amorce la baisse de productivité du capital investi, avec la rétractation du prolétariat industriel et la tertiarisation, s'amorce également la financiarisation du capital, aux fins de compensation, en termes de profits.

Pendant un temps encore assez long le profit spéculatif peut permettre le réinvestissement nécessaire en capital fixe. Ainsi apparaît une première interdépendance entre capital fixe et capital fictif. 

A mesure que cette interdépendance se développe, avec les besoins en élargissement du capital fixe, c'est donc la solvabilité elle-même des entreprises qui rentre en interdépendance avec le capital fictif, spéculatif, mais dont dépendent les capitaux propres des entreprises, comme garantie de solvabilité.

A ce stade, le crédit et la création monétaire cessent d'être une anticipation de l'élargissement du capital par la plus-value sur le travail productif, pour devenir principalement une anticipation de l'expansion du capital fictif, sous l'action de la spéculation financière. 

C'est la deuxième différence essentielle entre l'époque de Marx et la nôtre. 

Déjà à ce stade, donc, se pose une question de limite, dans la nature du système de domination de classe.

En effet, comme on l'a vu, c'est bien de l'expansion continue de la masse du capital fixe, et même, de façon encore bien plus déterminante, de la vitesse de son renouvellement, que dépend le contrôle des marchés, sans lequel la domination du capital n'existe pas.

Il s'agit donc essentiellement de la domination du capital fixe, en particulier, et non plus de la domination du capital productif en général, comme à l'époque de Marx. 

C'est donc déjà une troisième différence essentielle entre l'époque de Marx et la nôtre. 

Pour autant, la descente aux enfers du capital productif ne s'arrête pas là, comme l'a montré précisément la crise de 2007-2008. Si le capital financier, « fictif », n'a pas usurpé son nom, c'est bien aussi parce que l'élargissement du capital financier spéculatif comme soutien à l'élargissement du capital fixe a aussi une limite.

Cette limite est donc l'éclatement des bulles spéculatives successives, qui impactent donc également les capitaux propres des entreprises, en termes de garanties de solvabilité.

A ce stade, le crédit et la création monétaire ne sont même plus une anticipation de l'expansion du capital financier fictif, mais simplement une des conditions de sa survie, en tant que soutien potentiel de l'expansion et du renouvellement du capital fixe. 

C'est non seulement une quatrième différence essentielle entre l'époque de Marx et la nôtre, mais déjà une différence essentielle entre la période pré- et post- crise de 2007-2008. 

A ce stade, si la domination du capital fixe apparaît encore formellement comme le facteur essentiel de la domination des marchés, il est déjà totalement supplanté, en réalité, par le pouvoir de création monétaire des Banques Centrales, sans lequel même la capacité de crédit des banques d'affaire n'est rien, comme l'a précisément mis en lumière la crise de 2007-2008, avec un nouveau coup de projecteur, et particulièrement violent, au cours de la crise dite « du covid », en 2020.

Coup de projecteur tellement violent qu'il semble donc avoir aveuglé la plupart des analystes, incapables de comprendre cette évolution nouvelle du système économique de domination de classe. 

Mais c'est ainsi que l'on en revient à la question des limites.

Marx définissait donc le capitalisme comme système basé sur l'investissement en capital productif, en vue de son élargissement par la plus-value extraite directement du travail productif humain.

Bien évidemment, cela implique également l'élargissement du capital fixe, et non pas seulement du capital variable.

Déjà, donc, à partir du moment où le système économique de domination de classe repose essentiellement, et même quasi exclusivement, en pratique, sur l'expansion du seul capital fixe, une limite semble donc déjà être largement dépassée, par rapport à la définition que Marx nous donne du capitalisme. 

Et lorsque cette expansion elle-même devient entièrement tributaire des politiques de création monétaire banco-centralisées, comme condition sine qua non de la continuation de la spéculation financière, une autre limite est également déjà largement dépassée. 

Quels sont le jour et l'heure exacte du franchissement de la limite, c'est en fin de compte essentiellement une question anecdotique, en termes d'analyse économique, même si elle n'est pas forcément dénuée d'intérêt, sur le plan historique.

Comme on l'a vu, la crise de 2007-2008 a révélé les nouvelles conditions de survie du système de domination de classe, avec le pouvoir de création monétaire des Banques Centrales. Peu importent donc le jour et l'heure exacte de la limite, à partir d'une situation où les politiques de création monétaire banco-centralisées deviennent le facteur essentiel du système de domination de classe, il devient donc nécessaire de l'appeler par son nom : banco-centralisme. 

C'est donc la cinquième différence essentielle entre l'époque de Marx et la nôtre. 

Luniterre

 

 

 

 

 

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Récent sur Ciel de France:

 

 

Après le 10 septembre, et la suite...? Que faire pour destituer Macron et libérer la France?

La dette enterre déjà la France... Il n'y a que les imbéciles et/ou les traîtres pour prétendre qu'elle peut la relancer!

 

 

https://cieldefrance.eklablog.com/2025/09/apres-le-10-septembre-et-la-suite.que-faire-pour-destituer-macron-et-liberer-la-france

 

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Sur Ciel de France

 

on propose un retour à quelques fondamentaux du Gaullisme

 

réadaptés en pratique à l'évolution économique du XXIème siècle:

 

 

 

Reprendre le contrôle, à l’échelle nationale, de la vie économique et sociale, y compris dans sa dimension financière, reste la priorité essentielle. Contrôler le crédit, c'est contrôler la création monétaire réelle dans le pays, directement sur le terrain du développement économique, et donc tout à fait indépendamment de son signe, Euro ou autre. Contrôler le crédit permet d'orienter les grandes tendances de l'activité économique vers les activités et secteurs prioritaires pour les besoins de la population et pour l'indépendance de la nation. 

C’est pourquoi nous avons proposé, sur Ciel de France, de remettre au centre du débat la reconstruction d’un Conseil National du Crédit, dans une version statutairement adaptée aux nécessités de notre indépendance nationale au XXIe siècle, c’est à dire doté d’une représentativité démocratique réelle et de pouvoirs constitutionnels, non opposables en droit "européen" : 

Les leçons de l’Histoire… 

Il était une fois… le Conseil National du Crédit (1945). Et aujourd’hui ?

http://cieldefrance.eklablog.com/il-etait-une-fois-le-conseil-national-du-credit-1945-et-aujourd-hui-a215997227

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Récent sur le thème:

 

Macronie 2017-2025 - Révolution En Marche Arrière En Descente et Sans Freins: Quel Avenir pour la France?

 

L’avènement de la macronie, en 2017, se présentait comme la « Révolution En Marche », mais ne se cachait guère de n’être qu’un ersatz de révolution, histoire de ne pas risquer d’allumer un incendie qui eût pu brûler ses commanditaires… Personne n’était réellement dupe, mais néanmoins ce frisson verbal d’anticonformisme permettait de donner « bonne conscience » aux transfuges d’une gauche vieillissante, à bout de souffle, et qui avaient besoin d’un costume neuf pour continuer à fréquenter les allées du pouvoir.

Mais les fantômes de la gauche qui profitent de l’agonie de leur rejeton macronien pour remonter en scène ne peuvent eux-mêmes qu’y rejouer un ersatz de « révolution » singeant en paroles enfiévrées ce qui avait fondé l’émergence de leurs organisations « mères » à l’époque lointaine où elles étaient réellement les formes contingentes non seulement de la lutte des classes en général, mais bien de la lutte historique particulière de la classe ouvrière industrielle.

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Global Sumud: la plus grande flottille humanitaire historique en route vers Gaza

 

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1          de Gaulle, l'homme à abattre

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« Faussaires de paix »: avec Macron le gang des postiches « européens » se réarme à Washington

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2008-Subprimes-2020-Covid-2025-Dette Publique de la France: de la macronie comme détonateur de la prochaine crise majeure?

 

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Affaire Macron-Trogneux Vs Candace Owens: Me Maud Marian fait le point

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"#FreeEmmanuel"! Poursuivie par le "couple présidentiel", Candace Owens appelle Macron à se libérer de son Pygmalion!

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Candace, Macron et son « Sugar Daddy »: d’un Pygmalion à l’autre, que peut-il encore rester d’une France sous influence?

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Il était une fois… le Front National de la Résistance (1941-1949). Et aujourd’hui?

 

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