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Le problème du financement des retraites, dans le système actuel, a éventuellement un lien direct avec le rapport entre masse salariale et nombre de retraités à faire vivre, mais absolument aucun avec une hypothétique « productivité du travail ». Et même ce rapport est de fait de plus en plus indirect, vu qu’un tiers de la masse du financement des retraites provient de la fiscalité et non plus des cotisations sur le travail salarié stricto sensu.
( https://www.retraite.com/dossier-retraite/cotisation-retraite/financement-des-retraites/ )
[Le présent article est une prolongation du débat initié sur VLR suite à "La productivité du capital diminue parce que La productivité du travail augmente" - https://mai68.org/spip3/spip.php?article5228 ]
Parler de « productivité du travail » c’est parler de travail productif, et concrètement de travail humain directement productif, c’est-à-dire de force de travail directement incorporée dans le processus productif aboutissant à une marchandise commercialisable et socialement utilisable. Il s’agit donc d’un rapport direct entre le coût de cette force de travail spécifique et la rentabilité de la production, que ce soit en volume ou en chiffre de vente. Mais il est clair que du point de vue du capital investi, seul le « produit de la vente » est un critère utile. Le concept, qui a son origine dans la période de la Révolution industrielle, n’a donc globalement plus de sens réel dans la société actuelle, tertiarisée à plus de 80%, c’est-à-dire essentiellement « improductive » pour plus de 80% de la masse des salaires. Evidemment, c’est une simplification basée sur les chiffres « officiels », alors qu’il faudrait pouvoir « nuancer » dans une analyse détaillée, car une grande partie des emplois industriels, de plus en plus « techniques » et « périphériques » par rapport au système productif automatisé et robotisé, sont en réalité « improductifs » au sens originel du terme et tout à fait plutôt assimilables à des activités de services d’entretien de la machinerie productive. Par contre, une partie des activités de services, par exemple dans la restauration, sont tout à fait assimilables à des activités productives en ce qu’elles « produisent » des repas directement « consommables » en transformant essentiellement par une force de travail humaine productive, celle des ouvriers cuistots, des ingrédients de base que l’on peut considérer comme leur matière première, etc…
Donc c’est essentiellement à titre d’ordre de grandeur que ce rapport de 80% de tertiaire pour 20% de productif doit être considéré.
C’est pourquoi, du point de vue de la statistique globale, on parle désormais plutôt de « productivité apparente du travail » en mettant en rapport les chiffres globaux de masses salariales et de chiffres d’affaire réalisés, mais sans qu’il n’y ait pour autant de lien réel de cause à effet entre les deux. Et autrement on parle plus souvent de « productivité générale des facteurs », englobant donc tous les « facteurs de production » en termes de capitaux investis et de masses salariales, compris de manière « synergique », mais donc toujours de manière globale et sans lien direct entre volume produit et chacun de ces facteurs, et pour cause…
La « productivité du capital », par « opposition » à la « productivité du travail » est donc essentiellement concernée par l’investissement en capital fixe, dans l’outil de production. Mais l’une comme l’autre n’ont par conséquent de pseudo-« sens », et même « en apparence », que par rapport à la vente commercialement réalisée de la production…
Elles ne dépendent donc, in fine, que de la masse monétaire en circulation, et quelque soit sa « provenance », et aucunement ni du « travail salarié », productif ou non, ni du « capital », considérés autrement que comme fragments particuliers de cette masse monétaire en circulation.
Et l’origine de la masse monétaire, qu’elle « transite » sous une forme ou sous une autre, salaire ou capital, c’est désormais essentiellement de la dette, publique et privée, injectée dans l’économie, et donc sous forme de « création monétaire » ex-nihilo, d’une manière ou d’une autre.
Ce qui distingue l’époque de l’expansion du capital, à partir de la Révolution industrielle et sensiblement, jusqu’à la fin du XXe siècle, c’est que la dette, sous forme de crédits multiples, aux entreprises comme aux particuliers consommateurs, n’est jamais qu’une forme transitoire de la circulation du capital productif, alors que désormais, et singulièrement depuis la crise dite des « subprimes » de 2007-2008, c’est au contraire le pseudo-« capital » qui n’est plus qu’une forme apparente et spectaculaire, mais en réalité transitoire, de la dette en circulation, et toujours en s’élargissant, en lieu et remplacement de la fonction d’élargissement du défunt capital productif, fondé sur le travail humain réellement productif, incorporant directement la force de travail humaine dans le processus productif, et qui reste la seule définition du capital stricto sensu, du moins au sens classique et marxiste du terme.
Même s’il n’y a certainement jamais eu autant d’argent en circulation, dans l’histoire de l’humanité, l’argent n’est pas « capital » en soi, il n’est capital que dans un certain rapport social. La notion actuelle de capital ne s’est réellement « forgée » qu’avec les débuts de la Révolution industrielle et les débuts des nouveaux rapports sociaux qu’elle a imposés.
La logique de cette constatation ne porte donc pas sur l’argent, mais sur le rapport social, ce qui définit les classes sociales et leurs fonctions relatives dans la société. Le capital ne se définit en tant que rapport social que par son élargissement au cours du processus productif, et seulement dans la mesure où précisément il implique un travail humain directement productif dans le processus industriel. Sans travail humain productif, il cesse d’être un rapport social, il cesse donc d’être capital.
L’argent qui ne circule qu’au titre de l’investissement en capital fixe, machinerie, bâtiments industriels, etc…, cesse d’être capital à proprement parler dès lors qu’il cesse de fonder un rapport social basé sur le travail humain productif. Il reste alors « capital fixe » ne pouvant circuler que par la valeur d’amortissement que représente sa production.
Cette valeur d’amortissement ne pouvant être « élargie » que par la consommation de la production, elle ne l’était donc que par l’échange entre différentes catégories de travailleurs producteurs-consommateurs, avec, durant une période d’expansion type « trente glorieuses », un « bonus » par l’échange entre travailleurs du secteur productif et travailleurs du secteur tertiaire en voie de formation et de développement.
Dès lors qu’un déséquilibre se produit entre les catégories sociales, il ne se produit plus qu’un « pseudo-échange » entre lignes de productions robotisées et catégories de travailleurs consommateurs du secteur tertiaire, dont la « consommation » doit à la fois assumer l’amortissement du capital fixe et son « profit » devenu fictif du fait de la rupture de l’équilibre des échanges et qui ne peut donc plus provenir que de la masse monétaire « extra » mise en circulation par la dette publique et privée.
Une société « moderne » essentiellement tertiarisée repose de plus en plus exclusivement sur l’échange de services entre différentes catégories sociales « improductives » au sens strict du terme, et non plus sur l’échange des produits de leurs travaux en tant que biens et marchandises de nécessités vitales.
Dans leurs rapports sociaux les différentes classes n’ont une certaine autonomie, plus ou moins grande et relative entre elles, qu’en fonction de leur accès plus ou moins direct aux ressources et aux productions sociales, biens et marchandises, quel qu’en soit le processus productif.
Dans une société « moderne » tertiarisée, où le travail humain directement productif cesse d’exister en tant que force sociale potentiellement autonome, la lutte pour l’autonomie sociale, qui n’est donc plus celle du prolétariat industriel productif devenu ultra-minoritaire, se concentre sur le contrôle du cycle de renouvellement du capital fixe, qui est la nouvelle base de l’essentiel de la production sociale, mais qui cesse donc de plus en plus d’être « humaine » en termes de rapports de production, avec la disparition progressive et inéluctable du travail humain directement productif.
A l’opposé, les banco-centralistes, tant qu’ils contrôlent le cycle de renouvellement du capital fixe, conservent, ou même accroissent encore, dans un premier temps, leur autonomie en tant que classe sociale. Et cela alors même qu’ils n’ont plus aucune légitimité en termes d’usage social de ce capital fixe, à moins précisément d’en faire une « gestion sociale », ce qui n’est évidemment pas du tout leur préoccupation, celle-ci restant limitée à l’accroissement de l’accumulation du capital financier « fictif » dont ils tirent néanmoins des revenus personnels entièrement parasitaires mais très largement « substantiels », voire même exponentiels, dans bien des cas.
La « lutte des classes » à l’époque actuelle, outre ses implications géopolitiques, c’est donc, pour ce qui concerne les métropoles industrielles occidentales, la lutte pour le contrôle du cycle de renouvellement du capital fixe, qui conditionne la production des biens socialement vitaux pour l’ensemble des catégories sociales populaires.
L’autonomie des classes populaires tertiarisées, faute de contrôle direct sur le processus productif dont elles sont à 80% exclues, ne peut donc passer que par une prise de contrôle du cycle de renouvellement du capital fixe, dont elles sont autrement entièrement dépendantes et donc à la merci de ceux qui le contrôlent, à savoir la nouvelle classe dominante ultra-minoritaire des bureaucrates et des spéculateurs banco-centralistes, ayant principalement leur repaire à la BCE en Europe occidentale.
D’où le principe de refonder le Conseil National du Crédit sur une base constitutionnelle référendaire et démocratique, avec donc un pouvoir de contrôle sur la gestion du crédit public et privé dans notre pays.
Luniterre
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Cet autre article, plus détaillé, avec deux vidéos documentaires importantes, nous parle précisément et par la voix de son initiateur, aujourd’hui heureusement pour nous « repenti », de la première expérience historique de banco-centralisation d’une économie moderne, au Japon, le « prototype », en quelque sorte, des « solutions de crises » basées sur la dette publique exponentielle, telles qu’elles ont gagné ensuite la majeure partie des grandes puissances industrielles, dont évidemment la France…
Un article où Richard Werner, lui-même à l’origine du concept de « Quantitative Easing », décrit on ne peut mieux, à partir de son expérience personnelle d’économiste au Japon, l’évolution économique banco-centraliste de ce premier quart du XXIe siècle, jusqu’à la naissance actuelle des Monnaies Numériques de Banque Centrale et sur le danger fatidique pour les libertés économiques, et les libertés tout court, qu’elles représentent :



Dans le monde chaotique qui a succédé à la crise de 2007-2008, c’est l’exportation de la dette qui a pris le pas sur l’exportation des capitaux comme facteur de survie des empires et des nations. La France héritière du Général De Gaulle peut-elle encore y trouver sa place comme nation libre ?
Dans une Europe prise en tenaille, dans un Occident en voie d’effondrement économique et civilisationnel, la France a encore moins d’« alliés » qu’elle ne pouvait en espérer en 1940 : pour être à nouveau respectée et nouer des accords utiles elle ne peut compter que sur ses propres forces et la détermination de son peuple, exprimant à nouveau par la voie des référendums sa volonté d’indépendance dans tous les domaines :
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Cet article en PDF avec les docs en liens :
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