Par GRIND Pierre
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Avec le stade impérialiste du capitalisme, dès le premier quart du XXe siècle, le capital spéculatif « fictif » commence néanmoins déjà à s’imposer comme le vecteur mondialiste indispensable du capital productif encore en pleine expansion. C’est, en quelque sorte, pour cette époque d'industrialisation intensive, la nouvelle forme sous laquelle le capital continue de se développer en tant que rapport social. Mais déjà ce vecteur est donc rendu nécessaire par l’importance des investissements indispensables en capital fixe et qui ont du mal à être, au départ du cycle, entièrement couverts par le seul capital productif stricto sensu, reposant essentiellement sur le renouvellement de la force de travail humaine intégrée dans le processus et sur la plus-value qu’elle génère.
Dans le dernier quart du XXe siècle il y a encore nettement une autre substitution qui s’opère autour du marché des matières premières et des énergies, indispensables au cycle de renouvellement du capital fixe. Le capital, de plus en plus boiteux en termes de force de travail humaine productive, par rapport au capital fixe, s’appuie donc de plus en plus sur sa « troisième jambe » en guise de béquille : le marché des matières premières.
Avec l’extension de la tertiarisation il n’a en réalité bientôt plus que ces deux jambes pour continuer en apparence de fonctionner, mais en apparence seulement : le capital fixe et le marché des matières premières, mais qui ne sont déjà plus en réalité que deux béquilles, faute du sang nourricier de la plus-value humaine sur le travail productif pour les irriguer.
Avec le premier quart du XXIe siècle, si le prolétariat industriel achève de perdre toute capacité à s’autonomiser en tant que classe pour soi, et pratiquement, cesse même d’exister en tant que classe en soi dans les pays où la tertiarisation est la plus avancée, le « nouveau prolétariat » du secteur tertiaire n’en existe pas davantage « spontanément » en tant que classe pour soi, faute de base économique précisément suffisamment « autonome ». Même la plus-value restreinte encore extraite de ce secteur n’existe pas sans le cycle complet de renouvellement du capital fixe, y incluant, à la base, celui du secteur industriel et productif en général, devenu socialement ultra-minoritaire, mais qui en assure encore matériellement la simple existence et survie.
Il n’y a donc pas, dans l’ordre de l’évolution économique et sociale, et sauf effondrement civilisationnel complet, de « société postindustrielle ».
Simplement, en termes d’évolution, il y a une société dans laquelle le capital cesse d’être un rapport de production en tant que rapport social fondé sur le travail humain productif, et cette société cesse donc d’être « capitaliste » au sens originel du mot, tel que presque littéralement « forgé » à l’aube de la révolution industrielle.
Si ce rapport social a souvent été rendu « inhumain » du fait de la rapacité inhérente au capital monopoliste, il a donc suscité des luttes de classe encore pourvues de perspectives politiques tant que le prolétariat industriel s’est développé avec une certaine capacité d’autonomisation de ses luttes.
Aujourd’hui, déjà sur le seuil du second quart du XXIe siècle, c’est clairement le cycle de renouvellement du capital fixe qui tend à s’autonomiser, en synergie avec le cycle d’extraction des matières premières et des énergies. Mais comme l’a montré la crise de 2007-2008 et ses « répliques » depuis, il ne repose plus essentiellement que sur le cycle de la dette publique et privée, mobilisées comme soutiens du capital spéculatif « fictif », effectivement plus fictif que jamais.
La robotisation de la production, et même des services, désormais « boostée » par l’IA, est le véritable « visage » de l’autonomisation du capital fixe. C’est un visage encore bien plus radicalement et littéralement inhumain que celui du capital productif de la révolution industrielle.
Même si ce n’est pas « l’avenir radieux du socialisme prolétarien » tel qu’imaginé par les utopistes du XIXe siècle, le prolétariat « tertiarisé » du XXIe siècle n’en a pas moins une éventuelle « mission historique », et peut-être même encore plus fondamentale : simplement sauver le visage humain de la civilisation, pour ne pas en laisser les restes au seul « capital fixe » de plus en plus « autonomisé » par l’IA, et qui trouvera par là la solution radicale au « problème de la dette » en s’autonomisant complètement, en termes de ressources mises en réseau, par rapport à ses « investisseurs » eux-mêmes, qui en seront les victimes « ultimes », après les autres restes de la société encore jusque là vaguement et formellement « humaine ».
Luniterre
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Le problème du financement des retraites, dans le système actuel, a éventuellement un lien direct avec le rapport entre masse salariale et nombre de retraités à faire vivre, mais absolument aucun avec une hypothétique « productivité du travail ». Et même ce rapport est de fait de plus en plus indirect, vu qu’un tiers de la masse du financement des retraites provient de la fiscalité et non plus des cotisations sur le travail salarié stricto sensu.
Dans leurs rapports sociaux les différentes classes n’ont une certaine autonomie, plus ou moins grande et relative entre elles, qu’en fonction de leur accès plus ou moins direct aux ressources et aux productions sociales, biens et marchandises, quel qu’en soit le processus productif.
Dans une société « moderne » tertiarisée, où le travail humain directement productif cesse d’exister en tant que force sociale potentiellement autonome, la lutte pour l’autonomie sociale, qui n’est donc plus celle du prolétariat industriel productif devenu ultra-minoritaire, se concentre sur le contrôle du cycle de renouvellement du capital fixe, qui est la nouvelle base de l’essentiel de la production sociale, mais qui cesse donc de plus en plus d’être « humaine » en termes de rapports de production, avec la disparition progressive et inéluctable du travail humain directement productif.
D’où le principe de refonder le Conseil National du Crédit sur une base constitutionnelle référendaire et démocratique, avec donc un pouvoir de contrôle sur la gestion du crédit public et privé dans notre pays.
Luniterre


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nous parle précisément et par la voix de son initiateur, aujourd’hui heureusement pour nous « repenti », de la première expérience historique de banco-centralisation d’une économie moderne, au Japon, le « prototype », en quelque sorte, des « solutions de crises » basées sur la dette publique exponentielle, telles qu’elles ont gagné ensuite la majeure partie des grandes puissances industrielles, dont évidemment la France…
Un article où Richard Werner, lui-même à l’origine du concept de « Quantitative Easing », décrit on ne peut mieux, à partir de son expérience personnelle d’économiste au Japon, l’évolution économique banco-centraliste de ce premier quart du XXIe siècle, jusqu’à la naissance actuelle des Monnaies Numériques de Banque Centrale et sur le danger fatidique pour les libertés économiques, et les libertés tout court, qu’elles représentent :



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