Ce bref article s’inscrit dans une suite de réflexions sur l’autonomie relative des différentes classes sociales par rapport aux processus productifs et à leur interdépendance réciproque et toujours relative à la production des biens de première nécessité, au moins.
La notion d’autonomie n’est donc jamais complète, du moins dès que l’on dépasse le niveau social d’une communauté primitive autarcique, mais qui généralement connaît déjà sa propre stratification hiérarchique.
Par la suite les différentes sociétés ont connu différents type de hiérarchisation sociale : une classe sociale « s’autonomise » en contrôlant tout ou partie de l’appareil productif.
Cela comprend généralement une forme ou une autre d’exploitation directe du travail des classes « inférieures », mais pas systématiquement. La bourgeoisie, avant de devenir « capitaliste industrielle », avec le début de la dite révolution industrielle, était essentiellement concernée par les activités commerciales et artisanales qui apportaient un relatif progrès social et un gain de liberté par rapport aux relations sociales de base de l’ancien régime. C’était précisément le résultat de sa lente « autonomisation » depuis les bourgs du moyen-âge.
Le prolétariat industriel a relativement gagné en autonomie au fil de ses luttes sociales, mais sans jamais aller jusqu’au bout du processus, et aujourd’hui en voie de récession drastique, et même de quasi disparition dans les économies les plus « avancées », il a donc carrément laissé passer sa « chance » en termes de bifurcation historique possible, et désormais sans retour possible.
Le cycle de renouvellement du capital fixe reposant essentiellement sur le cycle de la dette il n’y a donc pas de classe qui « bénéficie » au sens strict, en termes de bilan comptable, de ce cycle, sauf en termes de parasitisme financier.
La bourgeoisie « financière » moderne qui s’enrichit, et même se gave, par le biais des Gafam et des différents fonds financiers type BlackRock et autres ne peut le faire que dans la dépendance du cycle de la dette qui alimente désormais, pour l’essentiel, ce qui reste du « marché », mais qui n’en est plus qu’une apparence artificiellement entretenue, donc.
Les véritables « maîtres » du système sont les maîtres de la dette, c’est-à-dire les banquiers centraux, qui tiennent les cordons de la « bourse », c’est-à-dire en réalité les cordons de la dette et de la création monétaire, dont ils contrôlent le « robinet des liquidités » à travers le contrôle des taux d’intérêts.
Pour l’instant c’est donc cette classe de bureaucrates banco-centralistes qui « s’autonomise » à travers le cycle de la dette et donc, in fine, à travers le cycle de renouvellement du capital fixe.
Mais « in fine » reste relatif, car à terme le « capital fixe » tend à s’autonomiser complètement à travers les processus de robotisation et de l’IA, et donc même le banco-centralisme actuel n’est encore qu’une sorte « d’étape de transition » vers un futur « technologique » de plus en plus déshumanisé, et c’est ce que j’ai tenté de résumer dans le post qui constitue cet article, à la suite d’une réflexion sur la place du cycle des énergies et des matières premières, dans les processus industriels actuels :
Pour remonter, en quelque sorte, dans le temps, à propos de cette réflexion sur l’évolution économique, lire ou relire les articles cités en lien à la suite, et principalement :
Le problème du financement des retraites, dans le système actuel, a éventuellement un lien direct avec le rapport entre masse salariale et nombre de retraités à faire vivre, mais absolument aucun avec une hypothétique « productivité du travail ». Et même ce rapport est de fait de plus en plus indirect, vu qu’un tiers de la masse du financement des retraites provient de la fiscalité et non plus des cotisations sur le travail salarié stricto sensu.
Dans leurs rapports sociaux les différentes classes n’ont une certaine autonomie, plus ou moins grande et relative entre elles, qu’en fonction de leur accès plus ou moins direct aux ressources et aux productions sociales, biens et marchandises, quel qu’en soit le processus productif.
Dans une société « moderne » tertiarisée, où le travail humain directement productif cesse d’exister en tant que force sociale potentiellement autonome, la lutte pour l’autonomie sociale, qui n’est donc plus celle du prolétariat industriel productif devenu ultra-minoritaire, se concentre sur le contrôle du cycle de renouvellement du capital fixe, qui est la nouvelle base de l’essentiel de la production sociale, mais qui cesse donc de plus en plus d’être « humaine » en termes de rapports de production, avec la disparition progressive et inéluctable du travail humain directement productif.
D’où le principe de refonder le Conseil National du Crédit sur une base constitutionnelle référendaire et démocratique, avec donc un pouvoir de contrôle sur la gestion du crédit public et privé dans notre pays.
Quelques articles qui parlent de la mutation banco-centraliste en cours depuis le début du XXIe siècle, avec ses deux tournants décisifs en 2007-2008 et 2020-2021, à commencer par cet autre résumé qui « illustre » littéralement le « poids » de la dette dans le déséquilibre économique catastrophique de notre pays :
Cet autre article, plus détaillé, avec deux vidéos documentaires importantes,
nous parle précisément et par la voix de son initiateur, aujourd’hui heureusement pour nous « repenti », de la première expérience historique de banco-centralisation d’une économie moderne, au Japon, le « prototype », en quelque sorte, des « solutions de crises » basées sur la dette publique exponentielle, telles qu’elles ont gagné ensuite la majeure partie des grandes puissances industrielles, dont évidemment la France…
Un article où Richard Werner, lui-même à l’origine du concept de « Quantitative Easing », décrit on ne peut mieux, à partir de son expérience personnelle d’économiste au Japon, l’évolution économique banco-centraliste de ce premier quart du XXIe siècle, jusqu’à la naissance actuelle des Monnaies Numériques de Banque Centrale et sur le danger fatidique pour les libertés économiques, et les libertés tout court, qu’elles représentent :
Et pour une approche historique plus synthétique de l’ensemble du processus de la mutation banco-centraliste depuis la formation du capital industriel, une étude de fond sur le temps long :
Dans le monde chaotique qui a succédé à la crise de 2007-2008, c’est l’exportation de la dette qui a pris le pas sur l’exportation des capitaux comme facteur de survie des empires et des nations. La France héritière du Général De Gaulle peut-elle encore y trouver sa place comme nation libre ?
Dans une Europe prise en tenaille, dans un Occident en voie d’effondrement économique et civilisationnel, la France a encore moins d’« alliés » qu’elle ne pouvait en espérer en 1940 : pour être à nouveau respectée et nouer des accords utiles elle ne peut compter que sur ses propres forces et la détermination de son peuple, exprimant à nouveau par la voie des référendums sa volonté d’indépendance dans tous les domaines :
-* _ Indépendance militaire et géostratégique
-* _ Indépendance diplomatique et économique
-* _ Indépendance financière et monétaire
-* _ Indépendance culturelle et idéologique
Soit quatre points cardinaux à soumettre au débat public en vue d’une reconquête constitutionnelle et référendaire de l’indépendance de la France