Par GRIND Pierre
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Bernard-Henri Lévy, ancien élève d'Althusser et maoïste au tournant des années 70, revendique toujours un plaidoyer pour son « Maître », dans la préface publiée en Mai 2011, pour le recueil de lettres écrites par Louis Althusser à sa femme Hélène, assassinée par ce même « Maître » en 1980 :
« Je ne suis pas en train de dire de mon Maître, parodiant Diogène Laërce résumant lui-même un philosophe de l’Antiquité : « il naquit, il écrivit, il tua, il mourut ».
Mais, enfin, c’est tout de même ainsi que la chose a été vue, et vécue, par son temps. »
- Questions de principe XIII – Qui a peur du XXIe siècle ?
Lu sur AgoraVox:
"Althusser et le bandit", par "politzer"
https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/le-philosophe-et-le-bandit-270129
(NDLR >>> sur Ciel de France: Nos commentaires, à la suite...!
"La distinction
Une distinction décisive lève toute ambiguïté : il existe des migrants de travail (productifs, intégrables dans les secteurs low-cost) et des migrants parasites ou lumpen (déclassés, souvent assistés ou impliqués dans l’informel/criminel).
La bourgeoisie ne filtre pas l’un ou l’autre : les deux lui servent — les premiers comme force de travail flexible et bon marché, les seconds comme force de terreur, de division et de chaos social.
Althusser nous donne les outils pour décrypter cette stratégie de reproduction des rapports capitalistes.
Althusser, dans Sur la reproduction, montre que le capitalisme se perpétue par des appareils qui assurent les conditions de l’exploitation. Les Appareils Répressifs d’État (frontières, police) et Idéologiques d’État (médias, culture, partis) gèrent les flux migratoires de façon stratégique.
Migrants de travail : Ils reconstituent l’armée de réserve industrielle. Ils occupent les emplois précaires, exercent une pression à la baisse sur les salaires et restent dépendants. Ils servent directement l’accumulation.
Migrants lumpen / parasites : Ils produisent du chaos social utile. Insécurité perçue, tensions communautaires, sentiment d’abandon des classes populaires autochtones, justification permanente de mesures sécuritaires ou assistancielles.
Le tout divise le prolétariat et renforce l’autorité étatique.
Chez Althusser, l’idéologie n’est pas un ensemble d’idées fausses, mais un rapport imaginaire aux conditions réelles d’existence. Elle fonctionne par interpellation : elle « hèle » les individus (« Hey, toi ! ») pour qu’ils se reconnaissent comme sujets dans l’ordre existant et acceptent leur place.
Dans le cas migratoire, les AIE (médias, partis, culture) interpellent le citoyen de deux manières complémentaires :Le migrant (surtout le lumpen) devient sujet moral supérieur (« victime universelle »).
Le citoyen « bon » se reconnaît en le défendant, tandis que le prolétaire qui exprime des réserves est interpellé comme « raciste » ou « complice de la bête immonde ».
Cette interpellation masque la double utilité du lumpen (travail + chaos) et légitime l’importation comme devoir éthique plutôt que comme stratégie de classe.
3.La construction du « migrant héroïque » et promotion du héros moderne transgressif
L’idéologie dominante transforme le bandit (lumpen migrant parasite) en saint laïc : victime universelle, symbole de diversité, de vertu et de rédemption.
Les médias diffusent en boucle des images de sauvetage en mer ou des parcours émouvants.
Les partis de gauche ou centristes interpellent :
« Défendre ce migrant, c’est défendre l’humanité. »
Cette héroïsation légitime l’importation tout en occultant les besoins du capital : croissance démographique, services low-cost, délocalisation interne. Elle transforme une opération économique en devoir moral.
Cette fonction de héroïsation n’est-elle pas une promotion du « héros moderne transgressif » ?
Oui, exactement. Le migrant lumpen, figure du déraciné, du hors-la-loi ou du marginal, est promu comme héros transgressif contemporain : il brave les frontières, défie l’ordre national « bourgeois », incarne une mobilité fluide et une identité fluide contre les « archaïsmes » du prolétariat autochtone.
Cette transgression est valorisée comme vertueuse (anti-raciste, cosmopolite, rebelle). On passe du bandit classique (Spaggiari, rebelle national viril) au bandit moderne globalisé : le lumpen migrant devient icône de la postmodernité transgressive.
Les AIE en font un sujet désirable, cool, moralement supérieur. Cela sert doublement le capital : il fournit une main-d’œuvre flexible tout en promouvant une idéologie qui dissout les identités et solidarités de classe traditionnelles au profit d’un individualisme nomade utile à l’accumulation.
4.Étude de la figure du bandit chez Spaggiari
Albert Spaggiari, auteur du casse de la Société Générale à Nice en 1976, incarne le bandit autochtone romantisé. Aventurier d’extrême droite, il réussit une évasion spectaculaire et devient, dans certains milieux, un héros de droite : malin, anti-État, viril, attaché à un imaginaire national et rebelle.
Cette figure contraste avec le migrant lumpen : le migrant est héroïsé à gauche/centre comme victime universelle ; Spaggiari est réhabilité à droite comme rebelle national. Althusser y verrait deux interpellations idéologiques symétriques.
5.Sur Quentin Deranque
Le meurtre de Quentin Deranque en février 2026 à Lyon illustre ce double standard avec une clarté brutale.
Ce jeune militant identitaire est lynché par un groupe d’antifascistes (liés à la mouvance « Jeune Garde » et à des cercles LFI). Les agresseurs — des nervis autochtones de gauche, souvent lumpen violents (cagoulés, en meute) — sont parfois excusés ou relativisés dans certains discours : on parle de « rixe » plutôt que de lynchage, on met en avant le profil politique de la victime (« extrême droite ») pour diluer la gravité, ou on présente les tueurs comme des « camarades » ou des « saints écrasant la bête immonde » (le fascisme).
Cette interpellation idéologique transforme des nervis autochtones en justiciers moraux. Le lumpen de gauche devient « saint » combattant, tandis que le lumpen migrant est érigé en victime universelle. Dans les deux cas, la violence est excusée quand elle sert le narratif dominant, et la question de classe est évacuée.
Les hors-la-loi traditionnels
Les hors-la-loi classiques (Robin des Bois, Jesse James, ou en France Cartouche, Mandrin, et plus proche de nous Albert Spaggiari) étaient des figures transgressives locales. Ils défiaient l’autorité (le roi, le fisc, l’État) tout en restant ancrés dans un territoire et un imaginaire populaire ou national. Leur transgression avait souvent une dimension redistributive ou rebelle contre l’oppression directe.
Le migrant lumpen héroïsé représente une version postmoderne et globalisée du hors-la-loi : Transgression sans ancrage : Il n’est plus le bandit du maquis ou de la ville, mais le nomade sans frontières, le « sans-papiers » qui défie l’ordre migratoire bourgeois. Sa transgression est déterritorialisée et célébrée comme cosmopolite.
Utilité capitaliste : Le hors-la-loi traditionnel menaçait parfois directement l’ordre (vol, rébellion). Le migrant lumpen héroïque sert le capital : réserve de main-d’œuvre, chaos utile, dissolution des identités nationales qui freinaient l’accumulation globale.
Interpellation idéologique : Le hors-la-loi classique était souvent romantisé par le peuple contre le pouvoir. Le migrant lumpen est interpellé par les élites bourgeoises elles-mêmes comme figure morale supérieure. Il devient un outil de division (contre le prolétariat « sédentaire » et « réactionnaire »).
Spaggiari reste un hors-la-loi « à l’ancienne » : transgression nationale, virile, anti-État.
Le migrant lumpen est le hors-la-loi « moderne » promu par les AIE : transgression globalisée, victimisée, moralement intouchable.
Dans les deux cas, la bourgeoisie canalise la figure transgressive pour mieux reproduire son ordre.
6.Macron et Mélenchon : deux variantes d’une même stratégie
Macron gère pragmatiquement les deux flux (travail utile + chaos toléré).
Mélenchon radicalise l’héroïsation humaniste.
Les deux contribuent à la reproduction : division + main-d’œuvre flexible + chaos justifiant l’ordre.
Conclusion
La bourgeoisie instrumentalise indistinctement migrants de travail et lumpen parasites comme force de travail et force de chaos.
Par l’interpellation idéologique, elle promeut le migrant en héros moderne transgressif (saint laïc nomade) ou le nervi en justicier antifasciste, légitimant l’importation tout en masquant la reproduction du capital.
Les affaires Spaggiari ou Quentin Deranque montrent la symétrie des figures du bandit selon les camps.
Althusser nous rappelle l’essentiel : derrière ces héroïsations morales ou identitaires se cache toujours la même logique d’exploitation et de division. Comprendre cela, c’est se donner les moyens de la dépasser.
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Luniterre 30 juin 19:38
« Le philosophe et le bandit » ??? Le titre suggère plus ou moins consciemment qu’il s’agit du même personnage plutôt que d’une antinomie : malheureusement, le pseudo « politzer » auteur de l’article omet de mentionner que le « philosophe » Louis Althusser a fini en assassin de sa propre femme, Hélène Legotien-Rytmann, féminicide pour lequel il a été plus que largement « protégé » par ses « pairs » universitaires qui se sont littéralement et « littérairement » ligués pour obtenir un non lieu complet au titre de la maladie mentale du « philosophe » criminel psychopathe.
La « philosophie » pseudo-« marxiste » de Louis Althusser est une logorrhée de flatulences intellectuelles où l’ont peut toujours repêcher quelques évidences, comme le fait ici notre pseudo-« politzer », mais comme on peut en repêcher chez n’importe quel escroc « intellectuel » qui en parsème son « œuvre », de la même façon que le fait n’importe quel bonimenteur de foire, pour accrocher la « conviction » du chaland et lui refiler sa marchandise frelatée.
Notre pseudo-« politzer » agoravoxien avait possiblement quelque chose à dire sur le sujet de fond de son article, mais la « référence » qu’il semble vouloir s’imposer à Louis Althusser vient ruiner la crédibilité éventuelle de son propos.
Luniterre.
PS : en deux épisodes, une assez bonne émission sur l’histoire de ce « couple » finalement tragique :
https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/serie-feminicide-a-l-ecole-normale-superieure
PS2 : la parole de l’accusé, l’ouvrage cité par le pseudo- « politzer » :
« Sur la reproduction », Louis Althusser, 1970
Luniterre 2 juillet 11:23
PS >>> évidemment il m’a d’abord semblé utile et primordial de rappeler qui était vraiment Althusser, en tant qu’assassin féminicide et escroc intellectuel pseudo-« marxiste », mais le paradoxe induit par le pseudo « politzer » auteur de l’article est assez bien résumé dans ses dernières lignes :
« Althusser nous rappelle l’essentiel : derrière ces héroïsations morales ou identitaires se cache toujours la même logique d’exploitation et de division. Comprendre cela, c’est se donner les moyens de la dépasser. »
Ce que notre pseudo « politzer » ne parvient donc manifestement pas à dépasser, ici, c’est l’« héroïsation » du « philosophe »-criminel Louis Althusser !
Un dépassement pourtant plus que jamais nécessaire pour rendre à Marx l’authenticité de sa démarche et libérer l’utilisation réellement dialectique que l’on peut faire de son héritage concernant l’analyse de la réalité inéluctable de l’ère post-capitaliste dans laquelle nous sommes déjà entrés depuis la « crise » de 2007-2008 qui a consacré la substitution du pouvoir de la dette banco-centralisée à celui du capital « productif », c’est à dire du Capital tout court, précisément au sens où Marx définissait le pouvoir du Capital.
Ce qui « perturbe » le pseudo « politzer », pseudo- « marxiste » parmi tant d’autres encore acharnés à se répandre sur le net et dans quelques publications « universitaires » confidentielles, c’est que le prolétariat industriel est en train d’achever de disparaître en tant que classe sociale susceptible de jouer un rôle politique, du simple fait de l’évolution des forces productives, et au demeurant tout à fait selon le processus décrit par Marx lui-même dans ses Grundrisse, dix ans avant la parution du Capital, mais sans passer par la case « socialisme » et/ou « dictature du prolétariat », qui n’avait précisément de sens que dans le contexte de l’émergence massive du capitalisme « productif » qui était la situation économique et sociale du vivant de Marx lui-même, évidemment, mais donc nécessairement appelée à être « dépassée » selon le processus d’automatisation des forces productives déjà parfaitement décrit dans les Grundrisse, et que nous constatons simplement à notre époque, sous la forme plus générique de « robotisation ».
Luniterre
Luniterre 2 juillet 11:34
PS2 >>> pour aller plus loin sur le thème et retrouver les textes authentiques de Marx sans le fatras intello-dogmatique d’Althusser et consorts :
https://archivmarx.wordpress.com/2023/01/10/contre-le-pseudo-marxisme-universitaire-et-groupusculaire-en-revenir-a-loriginal/
Avec une liste de liens vers les œuvres de Marx en langue originale et en traductions sélectionnées dans diverses langues, dont une traduction française des Grundrisse.
Luniterre
Luniterre 3 juillet 03:05
PS3 >>> Bref, si cet article pour le moins confus est une occasion de faire revivre la mémoire et l’œuvre d’Hélène Legotien-Rytmann, ce n’est donc pas une si mauvaise chose, mais il reste néanmoins important, au delà de la « coupure », qui n’a rien d’ « épistémologique » que représente son assassinat par son « philosophe » de mari Louis Althusser , de resituer précisément ce qui reste de l’ « œuvre » de ce dernier dans son contexte réel : si le bouquin cité « Sur la Reproduction » n’a été publié qu’en 1995, il n’en est pas moins, pour l’essentiel, un regroupement de textes qui datent du tournant des années 70, la partie la plus « récente » étant semble-t-il de 1976. Une époque où la relation entre les « AIE » et la reproduction des rapports de production capitalistes a encore évidemment tout son sens. La fin des années 60 et le début des années 70, jusqu’au premier « choc pétrolier », étant quasiment l’apogée du capitalisme productif. Une époque où le phénomène de « développement » actuel du lumpenprolétariat banlieusard assez justement abordé par le pseudo « politzer » est encore balbutiant, l’immigration restant encore précisément pour l’essentiel dans des « rapports de production » ce qui n’est plus que marginalement le cas dans la société actuelle tertiarisée à plus de 80%.
De même que pour la plus grande masse des salariés il s’agit en quelque sorte plutôt de « rapports de tertiarisation » que de rapports de production, même s’il s’agit toujours de « rapports de servitude », et même plus que jamais, précisément en termes d’emplois de « services », ce ne sont plus du tout les mêmes et vouloir y plaquer la méthodologie « althussérienne » de l’ouvrage cité ne fait donc plus aucun sens. Ouvrage dans lequel, du reste, la question de l’immigration n’est quasiment pas abordée, contrairement à ce que sous-entend l’utilisation qu’en fait ici notre pseudo « politzer » !!!
Comme le montre une étude statistique réaliste des classes sociales actuelles, les rapports de production capitalistes proprement dits ne concernent plus actuellement que moins de 10% de la population active :
Les nouveaux chiffres de l’emploi industriel ouvrier en 2026 (Edition AgoraVox)
Luniterre
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Lucie Rondeau du Noyer est historienne. Entrée à l’ENS via le concours B/L en 2014, elle en sort diplômée en histoire en 2019 puis devient professeure dans le secondaire. Actuellement en disponibilité, elle travaille sur une thèse intitulée Transitions énergétiques et histoire des savoirs économiques : le cas des ex-colonies britanniques (XIXe siècle - XXe siècle) à l'EHESS.
Comme beaucoup de normaliennes et normaliens, elle connaît avant même le début de sa scolarité rue d’Ulm l’histoire du meurtre d’Hélène Legotien, qui « dans les années 2010 était souvent connue comme « la femme de Louis Althusser » plutôt que par son nom propre ». Si à l’époque les travaux adoptant un point de vue féministe sur ce qui a été trop longtemps qualifié de simple « fait divers » ou de « crime passionnel » sont déjà légion, rares sont en revanche les certitudes établies à propos de la vie d’Hélène Legotien. Désireuse de reconstituer le parcours de cette femme sans faire seulement référence à sa mort violente, l’historienne commence « par intérêt personnel » des recherches en 2019, alors en dernière année au département d’histoire. Elle retient de l’ENS une « école qui forme à la recherche universitaire, ce qui permet de faire des choses à l’université mais aussi en-dehors ».
En parallèle de son poste de professeure, Lucie Rondeau du Noyer reprend en 2022 ses recherches historiques et bibliographiques sur Hélène Legotien. L’idée ? Réaliser un travail de valorisation de la pensée sociologique de la pensée d’Hélène Legotien. En lisant L’Avenir dure longtemps de Louis Althusser, elle a en effet été « frappée par le fait que le compagnon de Legotien présentait les recherches sociologiques qu’elle réalisait dans les années 1960 et 1970 comme le seul domaine échappant à l’entremêlement de leur vie commune ». Lucie Rondeau de Noyer mène de manière indépendante cette « entreprise vivifiante » et en diffuse les premiers résultats par le biais d’un blog Mediapart.
À l’été 2022, Lucie Rondeau du Noyer effectue un premier séjour à l’Institut Mémoires de l’édition contemporaine (IMEC), « heureuse d’y découvrir une vraie matière sociologique ». Premier d’une longue série, ce séjour lui permet de rassembler des éléments donnant naissance à deux interventions dans le cadre du séminaire Lectures de Marx à l’ENS. À la rentrée 2023, elle commence à publier des articles scientifiques sur l’œuvre sociologique d’Hélène Legotien. Elle a, à la même époque, la surprise de découvrir son travail cité par Francis Dupuis-Déri à la fin de son ouvrage Althusser assassin (Les éditions du Remue-Ménage, 2023), « une première forme de reconnaissance » pour ses recherches historiennes.
Pendant l’automne 2023, le livre de F. Dupuis-Déri et l’enquête journalistique de Johanna Luyssen qui en découle parviennent à sensibiliser le grand public au fait que le meurtre d’Hélène Legotien mérite d'être reconnu et analysé comme un féminicide. Selon Lucie Rondeau du Noyer, ces travaux importants ont toutefois pour point commun « de se concentrer sur le traitement médiatique du meurtre et sur les quelques jours qui l'ont précédé ». Convaincue que la résurgence du meurtre de Legotien dans les médias constitue aussi l’occasion d’enfin parler de sa vie, elle décide de continuer à approfondir ses recherches sur la biographie intellectuelle de Legotien. À partir de janvier 2024, la chercheuse collabore directement avec l'IMEC, pour lequel elle réalise notamment des entretiens avec d'anciens amis et collègues d'Hélène Legotien, qui témoignent de son influence théorique et politique. Le travail d’inventaire des sources préalable au lancement d’une collection d’archives personnelles de Legotien ayant touché à sa fin en novembre 2025, Lucie Rondeau du Noyer s’investit désormais dans plusieurs projets collectifs et institutionnels cherchant à promouvoir une meilleure connaissance de la vie d’Hélène Legotien, à l’ENS et ailleurs.
Jeune femme issue d’une famille juive originaire de l’Empire russe, militante au Parti Communiste à partir de 1932 puis résistante à Lyon sous le pseudonyme de « Sabine Legotien », elle est née Hélène Rytmann en 1910. Liée au monde du cinéma avant la guerre, elle assiste Jean Renoir dans La vie est à nous (1936) et La marseillaise (1938) tout en étant à la même époque l’une des principales animatrices du Syndicat général des travailleurs de l’industrie du film.
Pendant la guerre, elle devient résistante et participe à la libération de Lyon. En 1944, sous le nom d’Hélène Legotien qu’elle conservera jusqu’à la fin de sa vie, elle publie quelques critiques cinématographiques dans Combat, puis se lance dans la rédaction d’un livre sur son expérience de la Résistance qui ne sera jamais publié. Après plusieurs années de grande précarité, elle entre comme varitypiste à l’Organisation européenne de coopération économique (OECE) en 1950. Elle en sort chargée d’études en 1954, un premier pas vers le monde de la sociologie.
Au milieu des années 1950, elle reprend pendant quelques mois son activité de critique cinématographique dans les colonnes d’Esprit, puis réalise ses premiers terrains de sociologie. En 1958, elle enquête à l’Imprimerie nationale sur les conséquences socio-économiques de l’automation du travail des ouvrières. En 1959, elle intègre la Société d'études pour le développement économique et social et y dirige ses propres enquêtes entre 1964 et 1975. Les travaux qu’elle publie pendant cette décennie sur le sous-développement paysan en France et en Afrique décolonisée trouvent un écho certain auprès de ses collègues sociologues et économistes. Dans les dernières années de sa vie, elle mène de façon indépendante une enquête ambitieuse sur l’évolution de la condition ouvrière en France pendant les Trente glorieuses.
La rue d’Ulm était plus qu’un lieu de résidence pour Hélène Legotien - elle était décédée à l’ENS. Dès la fin des années 1940, elle y a contribué au développement de la cellule communiste des élèves de l’ENS et à l’organisation des conférences du cercle Politzer. Elle y a encore sa place aujourd’hui, avec notamment le dévoilement d’une plaque en sa mémoire le 25 novembre 2024, journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, destinée à prendre place dans un espace encore en cours d’aménagement.
L'ENS et l'IMEC préparent aussi, sous la direction scientifique conjointe de Lucie Rondeau du Noyer (CIRED) et d'Anne Lhuissier (CMH), une journée d'études qui mettra notamment à profit la "Collection Hélène Legotien" ouverte cet automne à l'IMEC afin de mettre en lumière le parcours de femme, de militante et de chercheuse d'Hélène Legotien.
(https://www.ens.psl.eu/actualites/retrouver-helene-legotien-1910-1980)
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+ Voir à la suite des pubs qui nous sont imposées ici par le groupe Webedia qui a pris le contrôle de l'ancien éditeur Eklablog >>>
LIENS LEGOTIEN-RYTMANN/ALTHUSSER
>>> une partie des liens qui ont permis d'établir les posts en réponse à l'article du pseudo « politzer »
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LIENS LEGOTIEN-RYTMANN/ALTHUSSER
>>> une partie des liens qui ont permis d'établir les posts en réponse à l'article du pseudo « politzer »
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https://www.ens.psl.eu/actualites/retrouver-helene-legotien-1910-1980
Créé le 31 mars 2026
https://www.ens.psl.eu/actualites/retrouver-helene-legotien-1910-1980
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https://cheminsdhistoire.fr/emission175/
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https://cheminsdhistoire.fr/wp-content/uploads/2024/01/legotien_rytmann.jpg?w=1440
https://academia.hypotheses.org/files/2023/03/legotien_rytmann.jpg
https://www.centre-cired.fr/lucie-rondeau-du-noyer/
https://blogs.mediapart.fr/lrdn
https://blogs.mediapart.fr/lrdn/blog/201125/des-archives-soi
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https://www.editions-rm.ca/livres/althusser-assassin/
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EXTRAIT DU LIVRE >>>
https://www.calameo.com/read/0069907787606f20cccea
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https://www.la-philosophie.fr/althusser-meurtre
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Date et heure: Lundi, 25 Novembre, 2024 - 12:00 - 13:00
Lieu: Ecole normale supérieure, 45 rue d'Ulm, Paris (cour aux Ernest)
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https://www.imec-archives.com/archives/fonds/1211LGT
https://collections.imec-archives.com/ark:/29414/a011759404707nUyPzX

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La pédanterie encore organisée "à gauche" autour de l'œuvre d'Althusser >>>
https://www.cahiersdusocialisme.org/ideologie-et-appareil-ideologique-d%E2%80%99etat-aie/
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https://hal.science/hal-05505399/document
Alison Bouffet, Juliette Monvoisin, Étienne Balibar. Philosophie des migrations, philosophie de l’errance.
Entretien avec Etienne Balibar. Tumultes, 2025, 65. 〈hal-05505399〉
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https://www.contretemps.eu/terray-communisme-anthropologie-marxisme-althusser-sans-papiers/
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Le bouquin qui semble causer des migraines post-mortem à Karl Marx:
"Pour Marx"
https://ia601609.us.archive.org/17/items/554411/Althusser-Balibar.%20Pou%20Marx.pdf
Voir aussi, évoqué dans l'article:
« Sur la reproduction », Louis Althusser, 1970
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